À la découverte du dernier Tomb Raider

Il reste à peine un mois avant la sortie de Shadow of the Tomb Raider, le dernier titre de la série livré par nul autre que la division montréalaise de Eidos, de Crystal Dynamics et de Nixxes Software.

Lors d’une récente journée média organisée à Montréal par Eidos Montréal, Multijoueur a eu la chance d’essayer pour quelques heures le dernier opus et de rencontrer deux membres de leur équipe, Daniel Bisson et Fleur Marty, respectivement directeur senior et productrice.

Une trilogie enfin complétée

Pour ceux et celles l’ignorant peut-être, Shadow of the Tomb Raider vient clôturer une trilogie qui a commencé en 2013. Tomb Raider, développé par Crystal Dynamics, est sorti sur Playstation 3 et Xbox 360 (et puis Playstation 4, Xbox One, OS, Windows, Linux, etc.) après une accalmie de trois ans dans le développement de la série. Après plus de 20 ans sur le marché (le premier Tomb Raider est paru en 1996), la série continue son périple et se complexifie, offrant de nouvelles aventures au désormais reconnu personnage de Lara Croft. Si bien que, lors de la création et de la conception du Tomb Raider de 2013, au lieu de poursuivre dans la veine des autres titres et de proposer de nouvelles aventures rocambolesques, Crystal Dynamics s’est penché sur les origines de la légendaire archéologue. Non pas des origines irréelles, simulées ou irréalistes; c’est surtout à l'opposé du spectre que l’on se retrouve. La dernière trilogie raconte la création de la Tomb Raider, de ce qui l’a façonnée pour devenir cette personnalité forte, toute en nuances.

Si l'histoire commence

Dans le premier opus, on assistait à la naissance du personnage au sens métaphorique. Elle est impulsive, décalée par rapport à ce qui se passe, ignore tout ; elle est profondément humaine et essaie tant bien que mal de comprendre son environnement tout comme son passé. Le second titre, The Rise of the Tomb Raider, nous pousse plus loin dans la réflexion sur son identité, sur sa destinée et sur le développement de ses capacités physiques et intellectuelles. Un peu comme si elle vivait son adolescence.

Dans Shadow of the Tomb Raider, on assiste à la fin du « récit initiatique », ces histoires qui abordent le passage à la vie adulte, à la prise de possession de son identité et à assumer les conséquences de ses actes.

Ce qui frappe dès les premières minutes du jeu, c’est la violence, à la fois démontrée — Lara commence à être aguerrie, disons — et à la fois sous-entendue. Vous le comprendrez assez bien dans les premières minutes du jeu : Lara Croft doit assumer ses actes et faire face à la difficulté inhérente aux choix, ce qui dépeint une réalité tout sauf manichéenne. Lorsque Lara déclenche par accident l’apocalypse, son monde s’effondre et on la retrouve en détresse psychologique marquée par une obsession pour Trinity, la faction adverse. Et cela en à peine quelques heures de jeu, quelques heures à se promener dans une jungle sanglante et mortelle, à voir des villages au Pérou et au Brésil profondément ancrés dans la pauvreté, soumis aux aléas des hommes blancs qui s’imposent sur leurs territoires.

La jungle vous mettra à rude épreuve plus d'une fois.

Shadow of the Tomb Raider s’annonce comme un titre profondément humain, soutenu par des motifs éthiques, sociaux et politiques. En quelques heures, la profondeur narrative et sa richesse s’exposent aux yeux du joueur. Le dernier opus d’Eidos Montréal et Crystal Dynamics ne s’annonce pas seulement comme une suite, mais plutôt comme le dernier segment d’une histoire en trois tomes, le segment le plus mature et le plus réaliste dans l’intégration de ses thèmes et enjeux.

Une histoire finement tissée depuis des années

Il ne fut donc pas étonnant, en discutant avec Daniel Bisson et Fleur Marty, de découvrir que les grandes lignes de l’histoire avaient été esquissées il y a des années, alors que le jeu de 2013 n’était qu’un embryon. Certes, les détails étaient loin d’être définis, encore moins sur comment la série allait se terminer, mais Daniel soulignait que, depuis le début, la série était prévue en trilogie et qu’il était impératif d’offrir une continuité logique et narrative forte. En soi, Shadow of the Tomb Raider, pour eux, c’est atteindre le paroxysme de l’histoire.

Lors de notre courte entrevue, Daniel a précisé que, en développant Shadow, ils désiraient développer des mécaniques de jeu allant de pair avec l’évolution du personnage. C’est-à-dire, essayer d’intégrer des mécaniques qui respectent le cheminement de Lara, de façon à complexifier les systèmes tout en s’assurant que les actions de Lara sont logiques et vont de pair avec, d’une part, sa personnalité et, d’autre part, les réelles prouesses qu’elle peut faire. Il ne s’agit pas de donner un objet au hasard au personnage, mais de l’intégrer dans le continuum narratif. C’est en soi, nous ont-ils dit, leur réponse à une des premières critiques de Tomb Raider, un pari risqué mais qui, si bien exécuté, peut rendre le jeu beaucoup plus immersif.

Shadow of the Tomb Raider nous montre une Lara plus forte et déterminée que jamais.

La jungle, à la fois ennemie et alliée

La jungle joue un important rôle dans Shadow of the Tomb Raider, si bien que les développeurs la considèrent comme un personnage en soi. Un personnage tout en nuances, puisqu’elle peut se révéler à la fois l’alliée la plus fidèle et l’ennemie la plus rusée.

La jungle, c’est le principal milieu dans lequel Lara s'aventurera. Tout passe par celle-ci, qu’il s’agisse de piller des tombes ou encore de marchander avec des villageois. La jungle de l’Amérique du Sud est omniprésente et réaliste. L’ambiance, les animaux, le bruit des insectes; c’est une représentation somme toute fidèle. Plus encore, il s’agit surtout d’un terrain de jeu différent pour de nouvelles mécaniques de combat. Lara y développera de nouvelles habiletés, profitant de la nature complexe de son environnement. Sans cette jungle, Lara n’aurait pu découvrir de nouvelles compétences et évoluer elle-même; son environnement l’encadre et la moule, lui permettant de repousser ses limites physiques comme psychologiques.

Ce ne serait guère un Tomb Raider s’il n’y avait pas de dits tombeaux, et ceux-ci s’annoncent juste assez complexe. Et si la difficulté des casse-têtes ou de la partie survie (et oui, il faut survivre dans la jungle, quand même) vous inquiète, il est possible en tout temps de modifier individuellement chacune de trois variables du jeu, soit les combats, les casse-têtes et la survie. De quoi rendre l’expérience personnelle et agréable.

Assumer les conséquences de ses actes, c'est aussi se rendre compte qu'on a provoqué involontairement le début de l'apocalypse.

À la découverte de la culture maya et inca

À la question « Pourquoi les Maya ? », Daniel Bisson précise qu’ils désiraient trouver une culture, une histoire de la genèse humaine. En faisant des recherches sur l’histoire et la culture des peuples Maya et Inca, leur équipe s’est rendue compte que la mythologie pouvaient très bien se prêter au jeu (des artefacts magiques pouvant causer la fin du monde, quoi), tout en offrant un cadre géographique accrocheur en termes de mécaniques de jeu. Quant aux réalités de ce qui est dépeint dans le jeu, tant du côté culturel que du côté mythologique, Daniel nous assure qu’ils ont travaillé de concert avec un historien et que leur objectif, bien que ce soit un jeu vidéo, est d’offrir un univers réel et crédible, de reproduire en quelque sorte la vie en Amérique du Sud, avec quelques éléments surnaturels ici et là.

Un jeu prometteur

Shadow of the Tomb Raider sera sans aucun doute la digne fin de la trilogie des origines de notre archéologue préférée. Qu’à cela ne tienne, il ne s’agira pas du dernier titre de la série. D’autres jeux sont à prévoir dans les prochaines années, non pas comme une suite, mais comme des annexes à la série principale.

Shadow of the Tomb Raider arrive sur Playstation 4 le 14 septembre 2018.

 

Catégories
À venirJeux
Rédacteur, linguiste et étudiant à la maîtrise en traductologie, il oriente son regard vers les impacts sociaux et culturels des jeux.
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

*

*

Dans le même sujet