Playing Hard, un film de passionné(s)

Angeja Mejia (Clever-Plays), David Fugère-Lamarre (Illogika), Luc Duchaine (Ubisoft), Jean-Simon Chartier (réalisateur du documentaire Playing Hard) et Denis Talbot (animateur). Projection du documentaire au Cinéma du Parc

C'est au cinéma du Parc, ce vendredi dernier que nous étions invités à l'avant-première séance d'un projet qui nous a tout de suite tapé à l'oeil : Playing Hard. Réalisé et produit par Jean-Simon Chartier, le film nous propose de retracer la création du jeu maintenant mondialement connu, For Honor, ainsi que les principaux "personnages" responsables de sa mise au monde : Stéphane Cardin à la production, Luc Duchaine en tant que Brand Manager, et enfin Jason VandenBerghe comme directeur artistique et créatif.

Photo de couverture : Pierre-Luc Daoust

Dès le début du film, nous sentons la passion d'un énorme projet, qui mit tout de même 5 ans à se réaliser. En effet, comme le précise plusieurs des personnages, se concentrer sur un nouveau concept, pour un gros studio, cela représente un énorme défi. Ce projet sera tout de même validé et régulièrement suivi par Yannis Mallat, PDG du studio Ubisoft Montréal, que nous voyons apparaître d'ailleurs plusieurs fois dans le film.

Nous y verrons alors le parcours des différentes personnes étant intervenues dans la conception, les moments de réussite, sans oublier les galères : en effet, un projet de cette taille, c'est également une prise de risque au quotidien : nous y apprendrons alors que le projet faillit être reporté (no spoil oblige, je peux pas vous en dire plus..), et que sa conception n'a pas toujours été évidente pour les différents acteurs..

Angeja Mejia (Clever-Plays), David Fugère-Lamarre (Illogika), Luc Duchaine (Ubisoft), Jean-Simon Chartier (réalisateur du documentaire Playing Hard) et Denis Talbot (animateur). Photo : Pierre-Luc Daoust

Un fort caractère

Le choix d'alterner entre la conception du jeu et les moments du quotidien finit par donner un effet très humain et sincère au film, bien que, comme le précisera le réalisateur, son accès au projet n'était pas complet, ce qui a pu corrompre le contenu voulu à certains moments.

La plupart des personnages sont certes mis en scène, mais sans jamais en rajouter, peut être à l'exception des apparitions de Jason VanderBerghe, le porteur du projet : bien que sa présence donne de la contenance au projet comme au film, nous reprocherons peut être une sur-utilisation de son image dans Playing Hard : en effet, parfois, ses performances nous apparaissent comme voulant combler des trous (peut être le manque d'accès au coeur de la conception ?), en abordant des sujets parfois un peu trop oniriques, et s'éloignant souvent de la ligne directrice du film quand il se retrouve seul face à la caméra. Ne vous méprenez pas : son personnage reste touchant et essentiel, mais il m'aurait plu d'avoir une répartition des apparitions plus équilibrée.

Jason VanderBerghe, Directeur artistique du jeu For Honor

 

Faire des jeux : pas une mince affaire

En somme, Playing Hard reste un film d'une sincérité et d'un passion non négligeable, nous dépictant une longue aventure avec ses hauts et ses bas, en nous présentant la fierté d'un projet porté jusqu'au bout, tout en nous montrant la réalité de l'industrie vidéoludique et de ses impératifs. En revanche, si vous vouliez en savoir davantage sur l'aspect technique de la création de For Honor, vous serez certainement déçu(e).

Jean-Simon Chartier, réalisateur du documentaire Playing Hard, et Luc Duchaine, de Ubisoft. Photo : Pierre-Luc Daoust

La séance était suivie d'une période de questions animée par Denis Talbot, en présence du réalisateur et producteur Jean-Simon Chartier, du Brand Manager pour For Honor Luc Duchaine, ainsi que les représentants de deux studios indépendants Montréalais : Angela Mejia, co-fondatrice de Clever-Plays ainsi que David Fugère-Lamarre, président du studio llogika. On y apprendra que la réalisation du film n'était pas gagnée d'avance : Jean-Simon essuya plusieurs refus avant de pouvoir finalement être "intégré" à l'équipe, par peur que la caméra ait un impact sur la production.

Il nous dira également que le but du projet n'était pas spécialement de dépeindre le géant qu'est Ubisoft, mais bien trois personnes travaillant sur le projet, qu'il apprit à connaitre pendant plusieurs années : "Au delà de la conception du jeu, j'ai davantage voulu raconter une histoire humaine.".

Bien que les budgets et les dynamiques ne soient pas identiques, nous voyons clairement les points communs pouvant exister entre la conception venant d'un petit ou d'un grand studio. Angela Mejia dira à ce propos "Faire des jeux étant un métier artistique, il y a un côté émotionnel plus fort que dans d'autres processus de création : c'est comme ton bébé, alors quand tu le laisses aller, c'est très difficile."

David Fugère-Lamarre (studio Illogika) et Angela Mejia (studio Clever-Plays). Photo : Pierre-Luc Daoust

Bref, ce film indépendant et indéniablement honnête est une très belle histoire, et de plus, faite par un non gameur, ce qui en fait une perspective intéressante de ce monde encore méconnu de l'intérieur.

Il est actuellement à l'affiche au cinéma du Parc, à la cinémathèque québécoise, au cinéma Cartier et à la maison du cinéma. Allez le voir !

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Passionnée de jeux vidéo depuis pratiquement toujours, elle a même décidé d'y consacrer ses études en maîtrise à l'UQAM. Intéressée davantage par la scène Indie, l'E-sport et la présence féminine dans les jeux vidéo, elle est également ouverte à tout ce qui concerne la scène vidéoludique !
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