Speed Brawl : baston haute vitesse

Prenez un bon beat’em up, ajoutez une sauce speedrun, et servez le tout avec une direction artistique chatoyante au fumet steampunk : voici Speed Brawl, dernier-né du studio québécois...

Prenez un bon beat’em up, ajoutez une sauce speedrun, et servez le tout avec une direction artistique chatoyante au fumet steampunk : voici Speed Brawl, dernier-né du studio québécois Double Stallion.

Les habitués de la zone indépendante du Comiccon l’avaient certainement dans le viseur : cela fait en effet quelques temps que Double Stallion faisait saliver les amateurs de brawlers nerveux et punchy, avec une recette toute simple : votre vitesse augmente vos dégâts, et l’objectif sera (en général) de nettoyer les niveaux le plus rapidement possible. Parce que juste survivre à des hordes d’insectes que n’aurait pas reniées Verhoeven pour son Starship Troopers aurait été bien trop simple.

Ebba, bia, sûres!

Des Ebba-ffes dans la gueule

Ce mélange de Street of Rage et Sonic, comme aime à le décrire lui-même le studio, nous plonge dans un “sport” spectacle bestial, qui n’est pas sans évoquer un certain rollerball pour les plus anciens, ou motorball pour les plus otakus d’entre nous. À savoir une arène violente, défouloir dans un monde dystopique nous plongeant dans un Londres victorien à la patine steampunk. Fin XIXe siècle, l’humanité est sortie vainqueur de la Guerre Lunaire face aux Sélénites, race insectoïde depuis reconvertie en sacs de frappe pour combattants un peu (très) dérangés. On y suit le parcours d’Ebba et Bia, deux combattantes féroces et sûres d’elles dans les multiples ligues de Speed Brawl.

Double Stallion a attiré l’attention avec sa bande-annonce façon dessin animé, et qui donne le ton sur l’ambiance électrique du titre. Les animations sont propres, les personnages dans l’ensemble attachants, même si l’écriture n’est clairement pas le point fort du jeu. Une fois encore, l’équipe de Vibe Avenue en charge de tout l’habillage sonore du jeu livre une copie parfaite, avec des musiques rock/métal illustrant impeccablement l’univers steampunk et énervé de Speed Brawl. La narration propose quelques séquences animées, mais surtout des dialogues avant et après chaque niveau façon roman visuel, étalant la palette de personnages pour le moins colorée.

Speed of Rage

La prise en main est simple et efficace : une attaque de base, un coup spécial limité par une jauge d’endurance, et une attaque ultime fournie par une jauge de concentration pour dérouiller tout ce qui bouge à l’écran. Quant à la mobilité, donnée cruciale dans les mécaniques de Speed Brawl, votre principal outil est une charge qui vous permet de foncer sur l’adversaire, vous propulser depuis un mur ou l’un des quelques poteaux disséminés ça et là, et qui vous permettent également de changer de direction rapidement sans perdre votre momentum. Car tout repose là-dessus, ainsi que votre compteur de combo qu’il faudra maintenir au maximum pour s’assurer de cogner le plus fort possible pour nettoyer les niveaux. Enfin, l’esquive bien timée vous permet de placer des contre-attaques et conserver votre élan tout comme votre compteur de combo.

Pour deux fois plus de castagne, Speed Brawl apporte une mécanique de tag team : on part avec deux combattants qu’on pourra échanger à la volée, assénant bien entendu au passage une bonne charge à un adversaire à proximité. Cette permutation permet non seulement de conserver son momentum, mais également de revenir plus rapidement dans l’action en cas de mise au sol de son personnage. Enfin, Speed Brawl propose un mode coop’ à deux joueurs, local ou en ligne, qui ne propose pas vraiment d’interaction particulière entre les partenaires, mais rend l’expérience encore plus fun.

Y’a ma Cassie qu’a des ratés

Dans les faits, c’est nerveux, simple et jouissif. Si l’on peut passer à travers les premiers niveaux sans trop réfléchir et juste s’acharner sur les touches d’attaque et de charge, il vous faudra au fur et à mesure être plus attentif aux attaques adverses qui vous coupent dans votre élan, annihilant vitesse et combo. Le moindre coup encaissé vous envoyant au tapis pour de longues secondes, il faudra prendre l’habitude d’user et abuser de la permutation de personnage, très permissive. D’autant plus qu’en fonction des combats, la quantité de bestioles en vient presque à faire du crowd control. À tel point que certains moments en deviennent un peu confus, voire frustrant lorsque les attaques proviennent de toutes parts et deviennent presque impossible à éviter. Mais les ennemis rencontrés sont rarement très coriaces, et le ménage sera vite fait en général pour y voir plus clair et tomber les derniers opposants encore debouts. C’est d’ailleurs parfois cet ultime adversaire qui vous fait perdre de précieuse secondes et vous énervera le plus, sautant d’une plateforme à l’autre sans vraiment chercher à vous attaquer.

Une scène déchirante

Le bestiaire quant à lui manque un peu de variété, mais propose tout de même différents types d’adversaires : insectes en tous genres, soldats, robots, ce sont surtout leurs attaques qui demanderont adaptation et anticipation. Cependant, une physique un peu flottante dans les sauts, et un manque de précision parfois peut gâcher un peu le plaisir dans les combats. Une option dans les réglages permettant de maintenir votre personnage au plus haut de son saut pendant quelques instants m’a personnellement plus gêné qu’autre chose. Même désactivée, il faudra un certains temps pour s’adapter aux déplacements pour vraiment maîtriser ses personnages et leur panel de mouvements.

 

Les environnements ne présentent pas non plus une très grande variété, mais deux modes se rajoutent pour briser la routine : le slalom aiguisera votre mobilité, tandis que la jauge de rage à remplir poussera à vous concentrer sur l’esquive et les combos. C’est une manière astucieuse pour affûter votre habileté dans Speed Brawl sur deux compartiments essentiels de ses mécaniques.

Rapide et (poing) dans yeule

Chaque niveau vous rapportera de l’expérience, de l’or, ainsi que des loots aléatoires. Outre des coloris alternatifs pour vos personnages, c’est votre équipement que vous pourrez améliorer au fil de votre aventure. Pas d’artisanat, mais des boutiques où dépenser votre or glané à la force de vos petits poings pour changer vos gants, bottes et accessoires aux bonus divers et variés.

Les types d’attaques avec une boucle de type roche-papier-ciseau, qui sont ici poison-électricité-feu, ainsi que les types contondants et tranchants, viennent épaissir l’aspect optimisation de vos combattants.

Dernière mécanique enfin, l’expérience et niveaux engrangés vous donne des points de compétence à dépenser dans les arbres (ou plutôt lignes) de talents de chaque personnage. Des modifications ou améliorations sur vos attaques ultimes, spéciales ou des passifs divers et variés pour chaque personnage viennent renforcer leur caractère et spécificités au combat.

Les possibilités d’optimisations sont variées, d’autant plus que vous aurez jusqu’à six personnages jouables débloqués au fur et à mesure de l’aventure, mais on peut passer à travers une majeure partie de l’histoire sans trop s’en soucier. Il faudra peut-être parfois refaire quelques niveaux pour accumuler assez d’argent pour du meilleur équipement, ou décrocher l’or pour de meilleures compétences et franchir des combats ou boss trop coriaces. Rien de vraiment grindy toutefois, le jeu se bouclant en une douzaine d’heures tout au plus. Les plus complétistes iront chercher l’or sur tous les niveaux, voire la meilleure place du classement général, option sympathique pour les plus compétitifs, mais qui a subi quelques réinitialisations dues à des correctifs appliqués après lancement.

Le maintien du jeu par Double Stallion est d’ailleurs très actif : truffé de bogues à la sortie, certaines runs en ont pâti. Rien de très dommageable cependant, les plus longues passant rarement les 5 minutes. Plusieurs correctifs ont depuis été appliqués, et les développeurs promettent un suivi assidu, et même de l’ajout de contenu, affaire à suivre.

7

Mariage de vitesse et de baston, Double Stallion frappe fort avec Speed Brawl. Une esthétique fun et bigarrée, des mécaniques simples mais offrant une certaine profondeur, c'est une nouvelle petite pépite québécoise qui éclos, même s'il n'est pas exempt de quelques défauts, comme quelques bugs mineurs et une durée de vie un tantinet limitée.

Les plus
  • Direction artistique léchée
  • Mécaniques simple et efficaces
  • Vibe Avenue nous régale les oreilles
  • Mode coop' local et en ligne
Les moins
  • Écriture un peu simplette
  • physique parfois déroutante
  • Quelques bugs mineurs
  • 7
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Critiques
Tombé dans la NES quand il était petit, c'est un fan de jeux vidéo depuis l'enfance. Console, puis PC, c'est l'avènement d'internet qui scellera sa passion pour le jeu en ligne. FPS, STR, MOBA, un café, l'addition, tout l’intéresse, et il suit avec attention la scène pro à travers le monde. Au diapason de ses origines, il trouve son inspiration au sein d'une organisation secrète: #FrenchWhine.
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