Taiko no Tatsujin: Drum ’n’ Fun!

Taper sur un tambour japonais alors que de petits personnages mignons dansent à l’écran, ça vous dit? Taiko no Tatsujin est l’une des séries de jeu de rythme les plus populaires au Japon, avec plus d’une vingtaine de sorties en arcade et des dizaines de ports console. Et combien sont venues en Amérique? Une seule, sur PS2, avec un contrôleur hyper cheap et une liste de chansons américanisées à l’os (dont Toxic de Britney Spears, ça vous donne une idée). Bref, ça a bien évidemment passé dans le beurre, d’autant plus que c’était dans la foulée des Guitar Hero de ce monde. C’est donc avec une joie incommensurable (oui oui) que j’accueille à bras ouverts la version Switch alors qu’elle traverse enfin la frontière.

La difficulté dans les jeux de rythme se divise en 3 aspects.

1 - L’apprentissage du contrôleur, ou plutôt, arriver à l’utiliser instinctivement sans avoir à y penser.

2 - La lecture des notes. Apprendre à lire rapidement les notes et leur signification, mais aussi à reconnaître les patterns jusqu’à être capable de les déchiffrer à grande vitesse.

3 - L’exécution. Une fois qu’on est capable de lire les notes, est-ce que vos mains sont assez rapides pour pouvoir exécuter la phase que vous voyez à l’écran?

À mesure que l’on progresse dans un jeu de rythme, ces trois aspects s’entrecroisent. Lorsqu’on augmente de niveau, il se peut qu’on doive pousser l’aspect lecture un peu plus loin, ou apprendre de nouveau patterns. Tout ça, c’est vrai pour les IIDX, Sound Voltex, DJMax, et Pop’n Music de ce monde, mais Taiko no Tatsujin brise la plupart de ces habitudes, parce que :

Le tambour n’a que deux boutons. Rouge (au centre), ou bleu (sur les côtés). C’est tout. On a des notes roulées et des grosses notes où on doit taper les deux côtés à la fois, mais ça reste très accessible pour tous.

Les notes sont sur une seule ligne. C’est donc facile à suivre pour un débutant. Bien qu’à niveau élevé, les cercles de couleur défilent en fous, Taiko est beaucoup plus facile à lire qu’un Sound Voltex.

Les notes sont plus intuitives, puisqu’il est beaucoup plus facile de comprendre le rythme à jouer au tambour qu’une série de notes abstraites dans un DJMax par exemple.

La véritable difficulté de Taiko no Tatsujin, c’est qu’il est impossible de faire des notes roulées avec une seule main. Le joueur doit donc gérer lui-même sa gauche et sa droite, sans que le jeu ne l’y oblige («Gauche-droite-gauche, droite-gauche-droite»).

Je ne dis pas que Taiko no Tatsujin ne contient aucun défi, puisqu’il est très difficile en mode Oni (voir la vidéo ci-dessous). Mon point, c’est qu’il est beaucoup plus accessible pour les novices du jeu de rythme.

Le tatacon, la pièce de résistance

Bien que le jeu soit disponible en Amérique, le tatacon (le petit tambour), lui, a été oublié à l’aéroport. Il n’est pas du tout disponible en Amérique. Rien ne vous empêche de l’importer : avec Amazon.jp, il n’a mis qu’une semaine avant d’arriver sur mon perron. Il vous coûtera environ 7000 yens, soit 80 dollars canadiens, ce qui est tout de même raisonnable. Il se branche en USB sur le dock de la Switch, mais n’est malheureusement pas compatible avec la PlayStation 4 (vous devrez vous procurer le tambour pour PS4...). Par contre, il est compatible PC ! Vous pourrez donc l’utiliser sur le très mitigé «osu!», un simulateur qui émule le gameplay de divers jeux de rythme, ou encore sur Dolphin pour émuler les versions Wii U de Taiko no Tatsujin que vous aurez pris la peine d’acheter, bien sûr, pour rester dans la légalité.

Je dois vous avouer que je ne me sers pas autant du tatacon que je le souhaiterais. D’abord, il est incroyablement bruyant, avec ses gros bâtons en plastique vide… J’ai essayé de couvrir d’une serviette, d’utiliser des bâtons de batterie en plastique de Rock Band et DrumMania, mais rien n’y fait. Il a aussi une "dead zone" un peu gênante au centre, mais ce n’est qu’une question d’habitude avant de bien se positionner.

Ne me comprenez pas mal : si je pouvais y jouer sans me sentir coupable pour le bruit, je le ferais. C’est amusant comme tout, surtout que le son qu’il émet est différent pour le centre et les côtés, nous permettant d’entendre le rythme qu’on joue.

Mais la plus grande raison pour laquelle j’utilise peu le tatacon, c’est que j’ai un plaisir fou à y jouer dans les transports en commun avec les boutons (lieu où les petits tambours sont rarement les bienvenus). D-pad et bouton A pour les notes oranges, et les gâchettes pour les notes bleues, et on est en business.

Une Switch très versatile

La version Switch est particulièrement attirante, puisqu’elle offre plus de possibilités de contrôle que toutes les versions précédentes. Sur Switch on a accès :
-Au boutons, configurables comme bon vous semble;
-À l’écran tactile, qui comme la version DS ou iPad fait taper sur un tambour virtuel;
-Le tambour physique, optionnel, mais disponible au japon;
-Et un motion control avec les joy-con (qui ne fonctionne pas du tout, d’ailleurs).

Comme tous les jeux Switch, on a l’avantage de pouvoir y jouer en mode portable, mais aussi dans votre salon. C’est particulièrement pratique pour le mode vs ou coop à deux joueurs qui supporte jusqu’à deux tatacons (attention aux oreilles). Plus silencieux, un mode multijoueur local sans fil permet à plusieurs Switch de se connecter pour de petites compétitions amicales en LAN.

On nous offre aussi une montagne de mini-jeux de 1 à 4 joueurs à Rhythm Heaven/Mario Party. Drum and Fun en contient beaucoup trop, soit une vingtaine à deux difficultés chacune dont vous mettrez plus d’une heure à faire le tour.

Une trame sonore japonaise délicieuse

Le point le plus important de tout jeu de rythme, c’est sa trame sonore. Celle de Taiko no Tatsujin Drum and Fun! est comme à l’habitude divisée entre le J-Pop, la musique classique, les thèmes d’animés et d’une multitude de créations originales de Namco. Ça reste purement japonais, et contrairement à la version US sur PS2, c’est ce qui fait son charme. Quelques Touhou Project par-ci, quelques Vocaloid par là, ça reste varié tout au long des 77 chansons incluses.

Parmi les belles surprises, on compte un medley de Splatoon, un de Kirby, et la chanson thème de Super Mario Odyssey. Côté animé, les chansons d'ouverture de Pokémon Sun and Moon, Dragon Ball Z, One Piece, Yokai Watch, et plusieurs autres.

Pour augmenter votre librairie, on vous offre déjà quelques DLC, dont un pack Studio Ghibli et un pack Vocaloid.

Au même moment (c’est à dire le 2 novembre dernier), sortait aussi Taiko no Tatsujin Drum Session! sur PS4 en Amérique, une tout autre entrée dans la série. Je n’ai pas eu la chance de la tester, mais j’ai cru remarquer que (seulement) quelques pistes sont communes aux deux versions.

Tout amateur de jeu de rythme possédant une Switch se doit de jeter un œil à Taiko no Tatsujin, ne serait-ce que pour féliciter Bandai Namco d’avoir fait l’effort d’amener ce jeu typiquement japonais au pays du sirop d’érable.

L’ultime Taiko
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L’ultime Taiko

Le deuxième jeu de la série Taiko no Tatsujin à être disponible en Amérique. Impossible d’y jouer sans avoir le sourire tellement il est entraînant et mignon.

Les plus
  • La versatilité des contrôles le rend parfait pour toute occasion
  • Facile à prendre en main, mais offre tout de même du défi
Les moins
  • Le tatacon n’est pas disponible en Amérique
  • ...mais il est extrêmement bruyant
  • 8
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CritiquesNintendo
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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