Lego DC Super-Villains: méchants, mais pas tant que ça

Je ne suis pas le plus grand fan de la série des jeux Lego, que je trouve sympathiques mais légers au niveau du gameplay. Mais j’étais quand même curieux de mettre la main sur Lego DC Super-villains, en tant que geek super-fan de super-héros.

J’étais encore plus curieux parce que la prémisse était intéressante, nous promettant d’incarner non pas les héros, mais leurs ennemis jurés. Je venais d’écouter Suicide Squad (beurk), et j’avais vraiment besoin d’une bonne histoire de super-méchants.

Des méchants assez doux

Bon, Lego DC est destiné avant tout aux enfants, donc je me doutais qu’on ne nous présenterait pas la version du Joker qui a découpé son propre visage pour ensuite s’agrafer sa peau pourrissante au visage.

Mais je m’attendais quand même à des méchants un peu… méchants.

Sauf que finalement, le scénario fait en sorte que les méchants deviennent les gentils d’office. Le «Justice syndicate», le penchant machiavélique de la Ligue des justiciers issu d’une dimension alternative, débarque sur Terre et fait disparaître les héros de la Terre.

Il en revient donc aux méchants de notre planète de sauver le monde.

On a vu pire comme mauvais coup, mettons.

C'est dommage, parce qu'en tant que fan de comic books, je connais le potentiel de ces personnages. Le Joker peut être vraiment terrifiant, à un point tel que même ses confrères criminels ont peur de lui. Catwoman joue des deux côtés, et de ce fait, elle n'a la véritable confiance de personne.

Mais on perd toutes ces nuances, parce que le jeu retombe vite dans le piège des bons contre les méchants. C'est juste que cette fois-ci, les bons sont méchants et les méchants sont juste encore plus méchants.

 

Des opportunités manquées

La prémisse d'incarner des méchants, encore une fois, est emballante. On dira ce qu'on veut de Batman, mais s'il est aussi populaire, c'est avant tout parce qu'il a pour adversaires les personnages les plus marquants du monde de la bande dessinée.

Pensez-vous qu'on aimerait autant le Canadien si leurs plus grands rivaux étaient une équipe de ligue de garage genre «Thermopompes Maurice»? Ou qu'on aimerait autant Harry Potter si son plus grand ennemi était un magicien de fête d'enfants?

Bien sûr que non.

Ce sont les vilains les vraies vedettes.

Mais puisqu'ils décident dans Lego DC Super-villains de faire le bien, ils se retrouvent à travailler avec les héros qui tentent habituellement de les jeter en prison.

Il y avait là une occasion scénaristique intéressante. Voir Batman et le Joker travailler main dans la main, ou voir Lex Luthor admettre avoir besoin de l'aide de Superman, ça ne peut qu'être intéressant.

Malheureusement, le titre évite en grande partie ces moments. Les méchants jouent aux gentils, et c'est pas mal ça. Si au moins on avait mis les adversaires en paire pour montrer comment ils s'accordent difficilement...

Mais non, on les garde habituellement séparés, parce qu'on ne veut pas de chicane dans cette cabane.

Des faux gentils...ou des vrais méchants. En tout cas.

Créez votre propre super-méchant

Autre particularité de ce titre Lego: vous pouvez créer votre propre super-méchant. Vous choisissez le visage, les accessoires et l’habillement. Vous pouvez même, de façon assez limitée, choisir ses pouvoirs.

Le problème, c’est que les possibilités restent assez limitées. Puisque votre personnage est appelé à jouer un rôle particulier dans l’histoire (il peut absorber certains pouvoirs au fil du jeu), on ne vous laisse pas vraiment créer votre personnage.

Si vous voulez faire un gros tas de graisse abruti, ou au contraire, un méchant ninja qui fait dans la subtilité, impossible. Vous devrez faire un personnage tout sourire qui a des capacités acrobatiques et qui fait de la projection d’énergie.

L’idée de permettre aux joueurs de créer leur propre personnage est excellente, d’autant plus que Lego est une franchise de jouets qui vise à stimuler la créativité des jeunes. Mais quand la liberté n’est qu’esthétique, on ne peut s’empêcher de rester sur notre faim.

 

Des contrôles qui ne changent pas

Quand Traveller’s Tale ont sorti leur premier jeu Lego, Lego Star Wars, en 2005, c’était une idée innovatrice: revisiter l’histoire de Star Wars mais dans un univers fait de blocs de plastique, avec des contrôles tout simples qui permettaient aux enfants de jouer en coop avec leurs parents.

Malheureusement, les développeurs ont pris le proverbe «On ne change pas une recette gagnante» un peu trop à coeur. 13 ans plus tard, les contrôles sont un peu datés.

Le jeu est simple, mais peut-être trop simple. On avance, on frappe les ennemis avec le seul bouton d’attaque, et quand une pile de Legos brille au sol, on garde un autre bouton enfoncé et nos personnages fabriquent quelque chose. Suffit de répéter la manoeuvre ad infinitum, et un moment donné, le jeu est terminé.

Lego DC Super-villains, le Playmobil des jeux de Lego

En soi, Lego DC Super-villains n’est pas un mauvais jeu, loin de là. Les mécaniques sont toujours fonctionnelles, le choix de personnages (plus de 160!) est impressionnant, et l’humour est toujours bien présent (d’ailleurs, mention au formidable travail des acteurs).

Mais c’est aussi un jeu correct, sans plus. Les mécaniques fonctionnent bien, mais ne réinventent rien. Le jeu est drôle, mais l’histoire ne joue pas réellement d’audace. Il y a plusieurs personnages, mais ils se ressemblent tous un peu.

C’est un bon jeu, bien fait, mais on se surprend à vouloir jouer à un jeu qui fait plus.

Lego DC Super-villains, c’est un peu le Playmobil des jeux Lego.

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La première vidéo de Pier-Luc, c'est lui, à l'âge de 3 ans, qui joue à Duck Hunt avec le gros fusil orange. Il les a pwn 360 NO SCOPE. Depuis, il passe beaucoup (trop) de temps à jouer à des jeux, que ce soit sur Android, 3DS, Wii U (oui, il est l'une des six personnes à avoir acheté une Wii U) ou PS4. Il ne joue pas beaucoup à l'ordinateur, sauf pour les fois où il télécharge des émulateurs pour jouer à de vieux classiques (des jeux qu'il possède, bien sûr). Quand il ne joue pas, il écoute la WWE, il lit ou bien il tente de faire avancer sa carrière en humour. Mais soyons honnêtes, il passe surtout son temps à jouer.
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