Top indies 2018: en rappel

Troisième et dernier article de notre série «Top indies 2018», où l’on couvre presque une cinquantaine de jeux indépendants qui nous ont marqués cette année. Au bas de la liste, on retrouve encore quelques bijoux à ne pas manquer, mais aussi quelques déceptions. Merci à Alban, Pier-Luc et Simon pour leur contribution!

Far Lone Sails

Dommage que je viens tout juste de le terminer, sinon il se serait assurément mérité une place dans l’article «la crème de la crème de 2018», puisqu’il est tout simplement majestueux. Je me suis fait le cadeau de ne rien lire sur le jeu avant de m’y lancer, à part qu’il était présent sur plusieurs tops 10 ici et là. Je vous conseille fortement de faire la même chose.

Far Lone Sails est l’un de ces jeux silencieux et mystérieux à la Inside où l’on vous laisse tout découvrir par vous-même : autant les contrôles, que votre but, ainsi que l’univers dans lequel il se déroule. Résultat : on y est absorbé complètement, émerveillé par chaque moment. Impossible de détacher les yeux de l’écran.

Sans trop vous en dévoiler, le but du jeu est de contrôler un véhicule de l’intérieur (comme dans un Lovers in a Dangerous Space Time ou Regular Human Basketball) à travers un monde gris où l’eau et le carburant se font rares. Ce sont ses mécaniques judicieuses et son univers unique qui le distinguent des clones paresseux de Limbo et Journey. Ici, on ne marche pas seulement vers la droite : on doit s’assurer que notre vaisseau a assez de carburant, d’utiliser la voile au bon moment, éteindre les feux, réparer les stations endommagées, etc. On développe un certain attachement pour notre véhicule, et on panique lorsqu’il est en péril. De grâce, ajoutez Far Lone Sails à votre wishlist Steam!

Quarantine Circular

C’est la deuxième fois que Mike Bithell nous offre un “Bithell short”, un court jeu narratif basé sur des dialogues, d’une durée d’environ deux heures. Le premier était Subsurface Circular, à propos de robots dans le métro (faites-moi confiance, c’était excellent). Cette fois, un groupe de chercheurs détiennent en captivité un alien offrant un remède à un virus dévastateur qui menace la population mondiale. Veut-il vraiment notre bien?

Le jeu est une série de dialogues où l’on incarne un nouveau personnage à chaque chapitre (même l’alien), question d’avoir droit à tous les points de vue. Évidemment, chacun de vos choix aura des conséquences.

Encore une fois, j’ai été épaté par la qualité d’écriture des dialogues, qui m’ont accroché à l’expérience, impatient d’en connaître le dénouement. Comme un bon film de science-fiction, il nous fait réfléchir à des questions qui dépassent notre petit point de vue d’humain… Pour un maigre 6,50$ sur Steam et Switch, c’est un cadeau du ciel pour les amateurs de jeux narratifs.

Speed Brawl

Le maître mot dans ce beat’em all : la vitesse. Titillant votre côté speedrunner, il vous faudra ici éradiquer les niveaux à l’univers steampunk de la menace sélénite, mais aussi l’accomplir dans un temps limité. Mais surtout, votre capacité à enchaîner les combos et maintenir votre vitesse boostera vos dégâts, entraînant un gameplay nerveux et gratifiant. Du plaisir bestial, seul ou à deux, local ou en ligne, Speed Brawl et l’une des nombreuses pépites québécoises de l’année, du studio Double Stallion.

Q.U.B.E. 2

Ce jeu de puzzle fortement inspiré par Portal est meilleur que son prédécesseur à tous les niveaux : visuels plus soignés, qualité de production généralement élevée, et surtout, meilleurs puzzles. Ils ne m’ont pas toujours jeté par terre : la solution sautait souvent aux yeux, mais le scénario intriguant était ce qu’il fallait pour me tenir en haleine pendant un peu plus de 5 heures. Ceux qui s’ennuient de Portal devraient y jeter un oeil, c’est ce qui s’en rapproche le plus en 2018.

Runner 3

Je savais à quoi m’attendre. Après être finalement passé au travers du calvaire qu’était Runner 2, je suis tout de même tombé dans le piège, et je me suis acheté Runner 3. Pourquoi? Parce que le défi qu’il propose est tellement rigide, que la satisfaction de le réussir est d’un niveau inouï. Ce n’est pas comme n’importe quel autre jeu difficile (oserais-je mentionner Dark Souls?) : les règles dans les Bit Trip Runner sont bien claires : éviter chaque obstacle en appuyant sur le bon bouton, sinon c’est la défaite. Un peu comme un jeu de rythme quand on y pense. Ce troisième opus est loin d’être parfait : je l’ai trouvé fade et sans véritable personnalité. On pourrait croire qu’il s’agit du jeu précédent si ce n’était pas de l’effet de perspective ajouté (qui rend les obstacles encore plus difficiles à éviter). Mais il reste tout de même agréable (et frustrant), surtout en mode portable sur la Switch, alors qu’on a justement du temps à perdre pour recommencer des niveaux 350 fois.

The Hex

Si vous avez joué à Pony Island, vous vous doutez bien que le deuxième projet de Daniel Mullins allait être tout aussi méta! Ça va comme suit : 5 personnages de jeux vidéo se retrouvent dans un bar. On leur annonce qu’à la fin de la soirée, un meurtre sera commis. Chaque chapitre nous raconte le passé d’un de ces personnages, en utilisant le gameplay spécifique au genre auquel il appartient (plateformer, combat, RPG, tactique, tir, walking simulator). Un “one man game” unique qui nous tient en haleine avec son suspense réussi.

Anamorphine

Un walking simulator bien de chez nous qui réussit à illustrer son propos d’une manière efficace et imagée. Malgré ses visuels parfois psychédéliques et l’absence de paroles, Anamorphine fait passer son message avec une assurance remarquée. Il penche vers l’oeuvre d’art interactive plus que le véritable jeu vidéo (ce qui peut en choquer plus d’un), mais lorsqu’on sait que c’est le premier produit du studio Artifact 5, c’est plutôt impressionnant.

Trailblazers

Et si Mario Kart fusionnait avec Splatoon? Dans ce jeu de course haut en couleur, il faut laisser des traînées de peinture sur la piste, qui vous donneront un boost au prochain tour. Vos adversaires tentent la même chose, il faut donc jouer du coude pour passer le rouleau derrière eux, dans ce jeu plus stratégique qu’on pourrait le penser. C’est son manque de pistes et de modes qui freine malheureusement son ascension vers la gloire.

Alto’s Odyssey

Encore un runner, certes, mais si propre, au sound design envoûtant, Alto’s Odyssey serait certainement le runner de Journey. Vous y plongez sur votre planche à neige pour glisser dans le désert et ses ruines. Simple et efficace, avec une progression et une évolution des décors et obstacles, le titre des Canadiens de Noodlecake Studios est parfait pour votre trajet en métro comme votre petit bonbon reposant de fin de… Journey.

Lightfall

Des jeux où vous incarnez une bande d’humains qui doivent assassiner des dieux, il y en a des tonnes. Mais un jeu où vous incarnez un dieu qui doit se défendre des humains qui veulent sa mort, c’est plus rare.

La petite équipe de Bishop games (située à Québec) nous offre avec Lightfall un platformer tout indiqué pour les amateurs de speedrun. Le jeu est rapide, et on vous donne la capacité de créer des blocs à (presque) tout moment, ce qui vous permet de vous créer des parcours toujours plus rapides.

À conseiller pour les amateurs de jeux de plateformes rapides, avec un soupçon de réflexion.

Forgotton Anne

Jeu d’aventure et puzzle en 2D, le tout premier titre du studio danois ThroughLine Games marque par sa direction artistique. Ouvertement inspiré des films d’animation japonaise, Forgotton Anne est dessiné à la main, et son ambiance est appuyée par une bande originale magnifique, interprétée par l’Orchestre Philharmonique de Copenhague. Il vous plongera dans le monde imaginaire de Forgotten Lands, sorte de pays de l’objet perdu et oublié. Vous y incarnez Anne, figure d’autorité sur les objets incarnés, et mènerez l’enquête quant à une rébellion des objets perdus. Bien moins manichéen qu’il pourrait paraître, son intrigue et son ambiance sont sa force, mais le jeu pâtit un peu d’une maniabilité rigide, ainsi que des puzzles assez répétitifs et trop simples.

Regular Human Basketball

C’est un duel de basketball entre de gigantesques robots. Trop simple? Imaginez alors qu’une équipe de maximum 4 joueurs doive contrôler ce même robot en même temps. Propulsez-le dans les airs, faites une rotation de ses bras munis d’un aimant, une extension de ses jambes… et c’est la folie totale. Un bon petit jeu de party pour quelques heures de plaisir.

H3H3: Ball Rider

Et encore un franc succès pour Outerminds! Et surtout un nouveau partenariat avec une célèbre chaîne Youtube, concept qui semble leur réussir. Après leur association avec PewDiePie pour Legend of the Brofist, c’est cette fois le joyeux duo de H3H3Productions qui prête son nom au studio montréalais pour ce runner un peu particulier : vous devrez chevaucher une version “balloonesque” de Ethan, propulsée par ses émissions de… sueur, et le diriger avec Hila, pour collecter fans et bonus. Graphismes synthwave, ambiance colorée, et renouvellement garanti pour ce petit titre qui allie fun et skill!

We Happy Few

La production montréalaise a gagné une attention particulière il y a quelques années, nous promettant un monde orwellien coloré dans un style rarement utilisé dans le jeu vidéo. We Happy Few est beau, comique et intéressant. Hélas, sa réception a toutefois été très dure avec ses bogues, son IA chaotique et des mécanismes pas assez approfondis. Il en vaudra toutefois le coût quand il sera disponible pour un un prix raisonnable.

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C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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