Hitman 2, le mal-aimé

Figure emblématique du jeu stealth bien avant Sam Fisher et Ezio, l’agent 47 a fait son retour en novembre 2018 pour relancer à nouveau une franchise qui en avait vu de toutes les couleurs : Hitman. Le tout résulte en un jeu fantastique qui, malheureusement, semble avoir reçu aucunement l’attention qu’il méritait.

Dur, dur, d’être IO interactive

Pour comprendre Hitman, il faut pour commencer savoir son histoire. Débutant dans la fin des années 90, le studio danois IO Interactive lance avec Eidos Interactive un type de jeu à l’époque très peu exploité : le jeu d’action/assassinat. Nous avions certes déjà Metal Gear Solid comme jeu d’infiltration, et les shooters de l’époque limitait les fonctions de stealth à essentiellement se cacher hors du champ de vision des ennemis. Mais Hitman arrive alors doucement avec une formule intéressante : se cacher en plein public. Se déguiser, calculer les mouvements pour le meilleur timing… et en cas d’échec : la mission continue. Il faut se battre, mais bonne chance de gérer le chaos dans ce jeu où l’agent 47 n’est pas une éponge à balles.

Le succès d’Hitman se fait particulièrement ressentir avec Hitman 2 : Silent Assassin, qui influence d’ailleurs la nouvelle mouture Hitman 2, en 2018. Je vous épargnerai toute l’historique d’IO Interactive, mais disons qu’ils passeront de l’état d’un studio indépendant à propriété de Eidos Interactive, puis Square Enix, pour en redevenir indépendant en 2017. Résultats : une vraie montagne russe de marketing, de nombreux reboots, des changements majeurs en matière de design et visiblement un déséquilibre important des moyens de production.

Hitman, pur et dur

Puis arrive en 2016 un changement majeur au design d’Hitman. Fini la linéarité et les tentatives d’en faire qu’une histoire cool, comme les deux mauvais films Hitman. Le plan est alors ambitieux, voire avangardiste. Pour satisfaire l’audience, on suggère un Hitman bon marché, axé sur les missions plutôt que la narration. Après tout, la magie d’Hitman c’est la complexité de l’environnement, de l’intelligence artificielle, la multitude de façon de faire des assassinats…. et l’humour noir qui l’accompagne.

Le tout s’offre avec une forme de season pass, offrant au courant de l’année suivante de nouvelles missions, des challenges uniques et de nouvelles armes. IO Interactive et Square Enix suggère alors un compromis intéressant pour offrir un excellent jeu très complexe à produire malgré des ressources visiblement plus limitées. La réception est excellente : une moyenne metascore de 84 et des ventes satisfaisantes, sans parler d’une bonne présence sur Youtube et Twitch. Puis en 2017, Square Enix se dissocie d’IO Interactive, qui garde la propriété intellectuelle de la franchise Hitman. Le défi, maintenant : comment faire un Hitman 2?

 

Hitman 2 : encore plus, beaucoup plus

Comment décrire alors l’expérience Hitman 2? On pourrait dire en quelques mots, une méga expansion. Certes, on nous offre une quantité très satisfaisante de missions (malgré son plein prix), mais aussi une multitude de challenges de tir au sniper et d’infiltration. Son histoire, incroyablement générique, en écope encore plus avec des cinématiques sans animations, témoignant très bien du manque de ressources de IO Interactive.

Badass quand même!

Mais c’est surtout l’intégration de toutes les nouvelles fonctionnalités et de l’intelligence artificielle de Hitman 2 à son prédécesseur que le modèle de IO brille. Si vous avez apprécié le premier Hitman, c’est simple : vous devez jouer au second, et rejouer complètement les missions de la toute première saison, pour redécouvrir un jeu.

Manquement majeur

Un nouveau mode est des plus appréciés dans Hitman 2 : le ghost mode. Permettant de jouer en même temps contre un autre joueur en ligne, chacun dans sur sa propre map, il est alors possible de mesurer sa capacité à faire une course d’assassinats. Un concept original qui pourrait assurer une incroyable longévité à Hitman… sauf qu’au moment de la rédaction de ce texte, une seule map permet le Ghost mode. Ce sont des failles de ce genre qui démontrent les déficiences de IO Interactive. Si l’absence de cinématiques est pardonnable, l’absence d’un mode de jeu sur ses maps est plutôt grave.

Le ghost mode

L’avenir du stealth, mais incertain.

Les jeux d’espionnage et d’assassinat sont presque inexistants désormais. Assassin’s Creed est un RPG, on ne parle plus de Splinter Cell et ne parlons même pas de Metal Gear Solid. Si vous aviez une seule franchise à choisir pour satisfaire votre soif de stealth, Hitman est votre solution, et le second épisode en vaut le coup. Cependant, il faut s’inquiéter : Hitman 2 accumule quelques dizaines de milliers de joueurs seulement sur Steam et sur console tout semble annoncer des ventes catastrophiques. Ce n’est pas par un manque de qualité que ces ventes se justifient, mais ça ne doit pas aider de lancer un jeu AAA sans campagne marketing entre Red Dead Redemption II et Super Smash Bros. Ultimate… Suivez bien l’évolution de IO Interactive, car l’annonce d’un troisième opus, permettrait une amélioration rétroactive de Hitman 1 et 2!

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CritiquesJeuxMicrosoftPC / MACPlaystation
Enseignant d'histoire et de géographie passionné des jeux vidéo depuis sa petite enfance. Il a évolué dans les univers SNES, PSX, PC, Xbox, PS3, PS4. Grand admirateur de jeu de stratégies, d’aventure, de RPG, et de plate-forme. Ses goûts pour les sciences sociales et la psychologie l’amènent souvent à aborder les jeux vidéo d'un angle différent.
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