Trials Rising – Une machine bien huilée

Êtes-vous prêt pour une autre ronde de Trials? L’équipe de Red Lynx et Ubisoft Kiev nous arrive avec le titre le plus ambitieux à date, offrant plus d’une centaine de pistes complètement folles, du multijoueurs local et en ligne, et un éditeur de niveaux d’une complexité à en faire pleurer Super Mario Maker.

Les jeux de moto en 2D de parcours à obstacle sont peut-être nombreux sur Steam, mais ne vous y méprenez pas : Trials, c’est l’original. Red Lynx travaille sur la série depuis l’an 2000, alors que la première version était à l’origine jouable en ligne sur navigateur web. Les choses ont bien changé depuis, à part peut-être le concept de base.

Le but est de rouler (et survivre) jusqu’à la fin de la piste en manipulant soigneusement l’accélérateur, le frein et l’angle de la moto pour y arriver en un temps record. Son succès est dû au fameux «facile à apprendre, difficile à maîtriser», qui décrit à merveille la différence de difficulté entre le premier et le dernier niveau de chaque jeu.

Pour ceux qui observent la franchise de loin, ça peut sembler du pareil au même, mais je vous assure qu’à chaque itération, la qualité de production monte d’un cran. Trials Evolution a maintenant l’air d’un tech demo pour Rising!

Des niveaux spectaculaires

Chacune des 117 pistes sont une véritable montagne russe d’émotion qui explose de tout bord tout côté. Les décors continuent jusqu’à l’horizon, ce qui nous fait oublier le côté 2D du gameplay. On roule à l’intérieur d’un avion en marche, au sommet de l’Everest, dans un studio de cinéma, dans la tour Eiffel… Sérieusement, jetez un oeil au vidéo ci-dessous, ça n’a aucun sens.

C’était tout aussi beau dans Trials Fusion, qui utilisait probablement le même engin, mais vu sa thématique sci-fi générique, c’était moins frappant visuellement, et surtout moins varié. Dans Rising, on a de la difficulté à se concentrer sur la piste tellement il y a de l’action autour!

Une montagne de contenu

Depuis le tout premier Trials, on avait l’habitude de nous présenter les niveaux sous forme de liste. C’était peut-être plus clair, mais assurément plus linéaire. Cette fois, c’est une carte du monde qui se remplit peu à peu de piste et de défis. Parlant de défi : les pistes déjà complétées apparaissent sur la carte attachée à un commanditaire : celui-ci ajoute un «contrat», qui consiste en une requête particulière. Terminer le niveau en un temps imparti, en un nombre de reprises limité, gagner contre un fantôme, effectuer quelques backflip, etc. Bref, ça ajoute énormément de valeur de rejouabilitée.

Un de ces défis est aussi présent la toute première fois qu’on essaie une piste. Ça devient plus dynamique que de simplement tenter de survivre jusqu’à la fin. Fusion contenait aussi ces défis, mais ils étaient moins bien intégrés à l’interface : la carte du monde est géniale à ce niveau.

Un jeu niche, mais inclusif

La série Trials peut être réellement ardue dans ses derniers niveaux. Même qu’une grande partie de la communauté Trials est composée d’experts qui manient la moto avec une précision à en couper le souffle. Trials aurait pu faire comme d’autres franchises et se classer comme un jeu «hardcore», gifler du revers de la main les joueurs moyens comme moi, en disant : «Si vous n’êtes pas assez bon, vous ne méritez pas de toucher à notre jeu». Ils auraient pu crinquer la difficulté et rendre toutes les pistes extrêmement difficiles.

Au lieu de ça, ils ont fait le bon choix, c’est à dire, ouvrir leur bras aux joueurs de n’importe quels niveaux grâce à «l’université Trials». C’est une série de tutoriels visant à expliquer les techniques avancés et vous les faire pratiquer, de sorte à former les experts de Trials de demain.

Rassurez-vous, Rising a lui aussi une courbe de difficulté très raisonnable, de sorte que tout le monde puisse y trouver son compte, même les nouveaux venus. Si les experts traverseront sans peine les pistes plus faciles, ils pourront tout de même s’amuser à y faire le meilleur temps possible pour obtenir les médailles, ou à compléter les contrats disponibles pour chacune d’elles.

Sinon, c’est sur Track Central qu’ils trouveront leur compte. Grâce à un éditeur de niveau étonnamment complexe, les amateurs de Trials peuvent s’en donner à cœur joie en créant des pistes monstrueuses, plus ardues que celles du jeu de base. Puisse les créations d’utilisateurs peuvent être classée par difficulté, même les noob comme moi peuvent y trouver de quoi se divertir avec un choix infini. Du moins, c’est la promesse, puisqu’au moment de l’écriture de cette critique, presque aucun contenu n’est disponible. Si je me fie aux anciens jeux, Track Central explosera en contenu dès la sortie.

Du contenu tout au long de l’année

Si l’infini n’est pas assez pour vous, on nous a déjà promis une «expansion pass», qui contiendra plus de 50 nouvelles pistes dans de nouveaux environnements pour un 15 $ supplémentaire. Considérant que c’est presque la moitié du contenu du jeu de base pour la moitié du prix, c’est assez raisonnable. Je vois Trials Rising comme un jeu à 50 $ dont un 15 $ est optionnel pour les fans moins passionnés.

Les loots box et les microtransactions

Je n’ai rien contre les loot boxes et les microtransactions cosmétiques, surtout lorsque le jeu ne se vend pas au plein prix. En revanche, je me dois de pointer que Trials Rising les utilise d’une manière irritante.

Côté interface, ça ne va pas du tout. Chaque fois qu’on monte de niveau, soit presque à chaque piste lors des premières heures, un message nous dit qu’on a débloqué une loot box. Si on souhaite l’ouvrir, on appuie sur le bouton «A», et ça nous amène dans un écran dédié (après un court chargement). Il faut alors sélectionner le type de loot box, faire «Y» pour l’ouvrir. Le problème, c’est que si on sort de là, on tombe dans le menu principal, où il faut aller dans «race», puis naviguer une fois de plus sur la carte pour trouver la prochaine course.

Et puis, il y a aussi le contenu des loot boxes. Après en avoir ouvert une cinquantaine, je réalise que certains items ne s’y trouveront jamais. Les plus beaux éléments cosmétiques vous demande de sortir le portefeuille.

La version Switch est à éviter

Bien que l’idée de pouvoir traîner ce Trials en mode portable est attrayante, la version Switch est de loin la pire. On ne peut pas blâmer Ubisoft lorsque se rappelle que la Switch à la puissance d’une Wii U… Les décors sur Switch sont couverts de brouillard et les FPS ont visiblement de la difficulté à tenir la route (voir la vidéo ci-dessous). Sur Xbox One X, la version que j’ai testée, les décors sont magnifiques et supportés par un solide 60 FPS.

L’autre problème de la version Switch, c’est que beaucoup d’éléments du jeu demandent une connexion internet. Je l’ai expérimenté moi-même sur la version Xbox alors que les serveurs d’Ubi étaient hors-ligne (c’était avant la sortie, donc normale). On perd alors le jeu en ligne, les pistes téléchargeables via Track Central, les options de customisation, les loot box, mais surtout, la possibilité d’acheter une nouvelle moto. J’imagine que c’est dû à un contrôle de la monnaie du jeu qui doit être vérifiée par leurs serveurs, mais il reste que c’est un peu regrettable…

Néanmoins, Red Lynx réussit encore son pari de rendre Trials de plus en plus garni et impressionnant à chaque sortie. Cette fois, ils atteignent une qualité «triple A», qui vient malheureusement avec les problèmes triple A, soit des loot boxes et des microtransactions mal gérées, mais qui ne nuisent pas tant à l'expérience de jeu. Si vous avez le moindre intérêt pour la franchise, Trials Rising ne déçoit pas et devient par défaut le meilleur de la série.

Le meilleur de la série
Le meilleur de la série

Si vous avez le moindre intérêt pour la franchise, Trials Rising ne déçoit pas et devient par défaut le meilleur de la série.

Les plus
  • Beaucoup de contenu et de rejouabilité
  • Des pistes toujours plus spectaculaires
  • Jamais seul: fantômes, multi en ligne et en local
  • Éditeur de niveau offrant une grande liberté de création
Les moins
  • Loot box et microtransactions
  • 8,5
Catégories
CritiquesMicrosoftNintendoPC / MACPlaystation
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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