Apercu: Ancestors, le nouveau jeu du créateur d’Assassin’s Creed

L’humanité a atteint un tel degré de sophistication qu’il y a de moins en moins de choses qui nous rattachent au monde animal duquel nous sommes issus. L’homme est aujourd’hui capable d’exploits qui nous auraient apparu comme des miracles hier encore. On peut discuter face à face avec quelqu’un l’autre bout du monde en quelques secondes à peine, avoir accès à tout le savoir de l’humanité en un clic, même imprimer les objets qu’on imagine.

Mais on peut se demander si nous ne nous sommes pas déconnecté de la nature du même coup. Si, comme nos ancêtres, nous devions songer à trouver le prochain repas, à trouver un abri pour la nuit en espérant survivre, réussirions-nous?

C’est la question que pose le nouveau jeu de Patrice Désilets (créateur d’Assassin’s Creed), Ancestors: The Humankind Odyssey, que nous avons pu essayer en primeur la semaine dernière lors d’une visite de Panache Digital Games.

 

Un jeu TRÈS historique

L’histoire est connue, mais mérite d’être répétée: Patrice Désilets s’est fait connaître chez Ubisoft comme le cerveau derrière Prince of Persia: Sands of Time et surtout derrière la méga-franchise Assassin’s Creed.

Puis en 2010, suite à des différends artistiques, Patrice quitte le studio et va travailler chez THQ sur un jeu qui ne verra jamais le jour, parce que la compagnie fait faillite entre temps.

En fait, le projet est racheté par… Ubisoft.

Il démissionne donc une seconde fois, et décide de fonder son propre studio, Panache. En pitchant des idées de jeu à des investisseurs, il se frappe toujours à la même réponse: «On aime ça, mais où est Assassin’s Creed là-dedans?»

«Là, j’ai compris que j’étais le gars qui fait des jeux historiques. Alors je me suis dit vous voulez un jeu historique, je vais en faire un, je vais remonter jusqu’à la préhistoire!»

Bien sûr, il y a déjà eu des jeux préhistoriques: pensons à Far Cry Primal ou à Adventure Island (Bon, ok, celui-là était peut-être moins réaliste).

Mais là, on remonte plus loin, en 10 millions av J.-C., avant que l’homo ne soit sapiens.

Pourquoi remonter à cette période rarement explorée dans les jeux?

Patrice Désilets éclate de rire: «Je me disais que ça allait être facile, pas de villes à construire, pas beaucoup de NPCs!»

Finalement, c’est tout sauf simple. La vie de nos ancêtres était pleine de défis, même pour les développeurs de jeux, il semble.

 

Ancestors: entre action et survie

Concrètement, comment on transpose la quête  de survie de nos ancêtres primates en un jeu vidéo?

Ce qu’Ancestors: The Humankind Odyssey propose, c’est un jeu à mi-chemin entre Assassin’s Creed et Minecraft.

Un (très) court tutoriel vous présente d’abord les bases du jeu: vous incarnez un membre de votre clan d'hominidés, et vous devez, idéalement, traîner avec vous un ou deux bébés, qui agiront à titre «d’éponges» à expérience.

Chacune des actions que vous posez, des découvertes que vous faites, sont assimilées par ces petits attentifs, qui vous offrent en retour de «l’énergie neuronale» que vous pourrez dépenser pour faire évoluer l’espèce humaine.

Vous pourrez par exemple utiliser votre intelligence pour analyser les points d’intérêt qui se dressent devant vous: ici, une plante, là-bas, une roche et là… un alligator. Mieux vaut ne pas trop s’approcher.

Je pensais pouvoir me défendre contre un serpent. Je ne pouvais pas.

Vous pouvez également utiliser vos sens pour identifier les sources de bruits ou encore sentir les aliments voir s’ils semblent dangereux.

 

Chaque action que vous posez développe de nouveaux neurones associés: sauter d’arbre en arbre développera votre mobilité, alors que de découvrir des points d’intérêt développera votre intelligence.

Une fois les neurones développées, il vous suffit d’étaler quelques feuilles au sol pour vous faire un lit, vous coucher, et dépenser votre énergie neuronale pour activer ces neurones.

 

Faire progresser l’humanité

Et c’est là le principal élément de progression d’Ancestors. Il n’y a pas vraiment d’histoire, sinon que celle créée par les actions du joueur.

«J’ai voulu donner au joueur la possibilité de contrôler un clan sur une longue période de temps, c’est à dire pendant près de 8 millions d’années et ainsi créer leurs propres histoires», nous dit Patrice Désilets.

Le but du jeu, c’est de faire progresser l’humanité de 8 millions d’années, dans une aventure qui peut prendre de 30 à 50 heures selon les capacités du joueur (dans mon cas, on parle clairement plus de 50 heures!)

Évidemment, vous ne jouez pas un singe immortel qui survit sur 8 millions d’années. Vous devez développer des liens entre les membres de votre clan (vous pouvez incarner le membre de votre choix), et faire des bébés. À n’importe quel moment, vous pouvez faire avancer le temps, et ainsi voir vos bébés grandir et devenir des adultes capables à leur tour d’engendrer leur propre progéniture.

Le début d'une grande histoire d'amour....ou pas.

L’être humain n’est pas l’animal le plus puissant physiquement du règne animal. Disons qu’en duel avec un alligator, je ne donne pas cher de ma peau.

Vous devrez donc faire comme nos ancêtres ont fait avant nous, et vous fabriquer des outils. La plupart des ressources que vous trouvez peuvent être modifiées. Vous pouvez par exemple prendre une branche, enlever ses brindilles, et vous en faire une lance.

Il n’y a pas vraiment de scénario, ou de cinématiques à grand déploiement, mais ça ne m’a pas empêché pour autant de ressentir une vive excitation la première fois que j’ai réussi à ouvrir une noix de coco avec un caillou.

Je comprends mieux mes ancêtres.

 

Une liberté qui donne le vertige

Ancestors tente de recréer le sentiment d’inconnu qu’ont sans doute vécu nos ancêtres laissés à eux-mêmes dans une nature terrifiante.

«Avec Ancestors, je voulais ramener les joueurs à leur instinct primaire. Et le sentiment de liberté totale de choix est ce qui amène cet instinct» explique Patrice Désilets.

Cogner deux roches ensemble, ça donne...deux roches cassées. Je ne suis pas un génie.

Si je me fie aux deux heures et demies que j’ai pu passer avec le titre, cette liberté totale semble être à la fois la plus grande force et la pire faiblesse d’Ancestors.

Quand j’ai mentionné au créateur qu’il y avait un danger que le joueur se sente perdu, Patrice m’a répondu que «[b]ien évidemment, certains seront décontenancés au départ, mais tout comme les personnages évoluent dans le jeu, les joueurs devront faire de même afin de soutirer le maximum de plaisir. Découvrir par soi-même ce que le jeu a à offrir en utilisant son propre instinct amène de véritables moments d’épiphanie!»

L’analyse est juste. La première fois que j’ai réussi à pêcher un poisson, à briser une noix de coco ou à faire quelques pas debout, j’ai vécu une excitation sincère.

Mais quand le très court tutoriel s’est terminé, et que je me suis retrouvé devant une immense jungle sans aucune idée où aller ou quoi faire, j’ai également été pris d’un vertige.

À mon avis, un tutoriel et plus complet s’impose, question que les joueurs aient une meilleure idée des possibilités qui se dressent devant eux.

Ce n’est que vers la fin de mon 2h de jeu que j’ai commencé à avoir l’impression de savoir où je m’en allais.

Mais rendu là, j’avais tué presque tout mon clan par accident, et mon avenir s'annonçait sombre.

Malheureusement, je crains que certains joueurs n’abandonnent avant.

Que voulez-vous, les homo sapiens ne sont plus habitués à l’adversité.

Ancestors: The Humankind Odyssey sortira en 2019, au prix de 39,99$ USD (environ 50$ CAD), en format digital seulement.

 

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La première vidéo de Pier-Luc, c'est lui, à l'âge de 3 ans, qui joue à Duck Hunt avec le gros fusil orange. Il les a pwn 360 NO SCOPE. Depuis, il passe beaucoup (trop) de temps à jouer à des jeux, que ce soit sur Android, 3DS, Wii U (oui, il est l'une des six personnes à avoir acheté une Wii U) ou PS4. Il ne joue pas beaucoup à l'ordinateur, sauf pour les fois où il télécharge des émulateurs pour jouer à de vieux classiques (des jeux qu'il possède, bien sûr). Quand il ne joue pas, il écoute la WWE, il lit ou bien il tente de faire avancer sa carrière en humour. Mais soyons honnêtes, il passe surtout son temps à jouer.
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