Cadence of Hyrule: Triforce, Triolets et Triomphe

Il y a une époque où Nintendo n’était pas tellement intrigué par les indies. Alors que Microsoft mettait en place le Xbox Live arcade et que Playstation faisait la promotion de jeux indies à travers les jeux gratuits sur Playstation Plus, la maison de Mario semblait être davantage intéressée par son catalogue de jeux rétro.

Puis, un changement s’est opéré depuis la sortie de la Switch : Nintendo s’est mis à offrir un soutien impressionnant à la scène indépendante, publiant même des Nintendo Direct consacrés aux jeux indies.

C’est d’ailleurs une relation bénéfique pour tous les partis, puisque selon plusieurs développeurs indépendants, les ventes de jeux sur Switch éclipsent complètement celles sur les plateformes de la compétition.

En fait, la relation entre Nintendo et les indies est rendue tellement solide qu’ils ont même confié une de leurs plus grandes franchises, The Legend of Zelda, aux créateurs de Crypt of the Necrodancer.

Le résultat de cette collaboration, c’est Cadence of Hyrule: Crypt of the NecroDancer featuring The Legend of Zelda, une suite de Crypt of the Necrodancer avec une bonne couche de peinture hylienne.

Surtout, à notre plus grand bonheur, c’est un succès.

Voici nos impressions.

Difficile, mais satisfaisant

Si vous n’avez jamais joué à Crypt of the Necrodancer avant (pas de honte à ça, je l’ai essayé pour la première fois la semaine dernière), le principe est simple : sur un terrain divisé en grille, tous les ennemis se déplacent dans des patterns répétitifs au son de la musique.

Vous devez donc comprendre les patterns des ennemis, et vous déplacer vous aussi au son de la musique pour les attaquer.

Ça paraît très, très simple au premier abord, mais c’est en fait assez complexe. Vaincre les ennemis, souvent très nombreux, demande une bonne dose de stratégie. Mais si le tempo de la musique est rapide, ça veut aussi dire que vous devrez élaborer votre stratégie tout aussi rapidement.

Je ne vous mentirai pas, dans les premières heures, je suis mort à de très nombreuses reprises.

Heureusement, la mort n’est pas trop frustrante dans Cadence of Hyrule. Vous recommencez à jouer assez rapidement, et les pierres Sheika, qui servent de point de résurrection quand vous mourrez, sont assez nombreuses pour que vous n’ayez pas à recommencer les mêmes sections trop souvent.

L’univers de Zelda bien transposé

Je vais vous faire une confidence terrible : je ne me considère pas vraiment comme un grand fan de Zelda.

J’ai joué à la plupart des jeux de Zelda, je passe habituellement un bon moment, mais ce n’est vraiment pas ma série préférée, et je ne suis définitivement pas le gars qui se garoche sur tout ce qui porte une triforce.

Ceci étant dit, j’ai été charmé par la façon dont on a intégré l’univers de Zelda. Non seulement les graphismes renvoient directement à The Legend of Zelda: A Link to the past, mais la structure même d’un Zelda est reprise.

On se promène sur une carte du monde peuplée d’ennemis, jusqu’à ce qu’on trouve un objet nécessaire pour explorer une nouvelle zone. Chaque zone cache un donjon, dans lequel on doit trouver une boussole, une carte ainsi qu’une clé qui nous permettra d’accéder au boss.

On défait le boss, qui nous donne alors une des reliques que l’on doit rassembler pour accéder au donjon final, ainsi qu’un nouveau coeur.

Tout est tellement bien fait, j’avais l’impression de jouer à un «vrai» Zelda, mais avec une prise en main un peu différente.

Un bravo particulier aux boss, qui ont chacun une mécanique propre, ce qui crée des affrontements mémorables. Seul petit bémol (jeu de mot tout à fait volontaire) : les mécaniques ne sont parfois pas suffisamment introduites avant le combat final, si bien qu’on meurt quelques fois en se demandant ce qu’on est supposé faire (je pense particulièrement au boss final, qui propose une toute nouvelle mécanique jamais vue auparavant dans le jeu, dans la toute dernière phase du combat…)

Et tant qu’à être dans les bémols, ajoutons une autre fausse note (j’arrête après, promis). Les donjons et l’emplacement des objets sont générés aléatoirement, si bien que les outils et armes qui ne sont pas complètement essentiels peuvent vous échapper jusqu’à la toute fin du jeu.

Disons que j’ai vécu un brin de frustration quand j’ai dû retracer mes pas et ouvrir tous les coffres laissés derrière pour trouver dans quel coffre le grappin serait aléatoirement caché si je voulais compléter une pièce dans le dernier donjon.

Des airs enchanteurs

De toutes les séries de Nintendo, c’est sans doute Zelda qui a la trame sonore la plus mémorable (mais on va se le dire, c’est Donkey Kong qui a la MEILLEURE).

En plus, la série des Zelda a régulièrement mis la musique au centre de ses histoires et de ses mécaniques de jeu (Ocarina of time, ça vous dit quelque chose?)

Il tombait donc sous le sens qu’on choisisse la franchise de Zelda pour en faire un jeu totalement axé sur la musique.

Les réinventions des thèmes musicaux de Zelda sont incroyablement réussies. Ça peut-être difficile de mettre à sa main des thèmes musicaux aussi connus, mais Danny Baranowsky réussit le défi avec brio.

Gerudo Valley est ma pièce préférée de l’univers de Zelda, mais c’est une pièce assez courte et assez répétitive.

Baranowsky a eu la bonne idée d’en faire un remix qui mélange les sonorités métal et la guitare électrique à la trompette de l’original. Ça fonctionne tellement bien que c’est aujourd’hui ma pièce préférée de Zelda, tous jeux confondus.

 

Al Fine

Cadence of Hyrule n’est pas un jeu extrêmement long (entre 5h et 10h), mais ce sont des heures extrêmement satisfaisantes. Le jeu offre un défi corsé, mais jamais frustrant.

En plus, la musique vaut la peine d’être ajoutée à votre liste de lecture sur votre Walk-man (ou votre Disc-man si vous êtes très modernes).

Et gros plus : Zelda est un personnage jouable et une véritable brute, au lieu de son rôle traditionnel de demoiselle en détresse.

En plus, vous pouvez jouer en coop, mais soyez avertis: c’est plus difficile. Si vous avez déjà assisté à un concert où le public a décidé de se mettre à taper dans les mains, avec un son ressemblant plus à une mitraillette déréglée qu’à un métronome, vous savez que c’est plus difficile de garder le rythme en groupe.

Bref, on ne demande qu’une chose : un rappel.

 

Un cover qui vaut le détour
9
Un cover qui vaut le détour

Un jeu difficile qui mélange habilement le rythme et l'action, et surtout, qui tire plein parti du catalogue musical de The Legend of Zelda.

Les plus
  • Une trame sonore extraordinaire
  • Un gameplay unique
  • Enfin on peut incarner Zelda
Les moins
  • La répartition aléatoire des objets
  • Des mécaniques parfois mal introduites
  • Un peu court
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La première vidéo de Pier-Luc, c'est lui, à l'âge de 3 ans, qui joue à Duck Hunt avec le gros fusil orange. Il les a pwn 360 NO SCOPE. Depuis, il passe beaucoup (trop) de temps à jouer à des jeux, que ce soit sur Android, 3DS, Wii U (oui, il est l'une des six personnes à avoir acheté une Wii U) ou PS4. Il ne joue pas beaucoup à l'ordinateur, sauf pour les fois où il télécharge des émulateurs pour jouer à de vieux classiques (des jeux qu'il possède, bien sûr). Quand il ne joue pas, il écoute la WWE, il lit ou bien il tente de faire avancer sa carrière en humour. Mais soyons honnêtes, il passe surtout son temps à jouer.
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