Judgment est juste un jeu, et ça fait du bien

Judgment, le tout nouveau spin-off issu de la série Yakuza, offre quelque chose de rare aujourd’hui dans l’industrie vidéoludique: un jeu solo qui ne demande rien d’autre que d’être un jeu solo. 

Et ça fait du bien. 

Une longue campagne pour détective solitaire

 

Un autre Yakuza… mais pas vraiment

Avant tout, Judgment est un autre jeu de la série Yakuza, mais cette fois-ci à la sauce détective. 

Si vous avez déjà joué aux aventures de Kazuma Kiryu, vous allez tout de suite être en terrain familier (pour reprendre la formule de Yahtzee de Zero Punctuation, parce que c’est le même terrain). 

Vous vous promenez dans les rues de Kamurocho, un quartier fictif de Tokyo réputé pour ses allées sombres, ses deals douteux et ses histoires scabreuses. 

Puisque le quartier est mal famé, et parce que jeu vidéo oblige, vous vous ferez régulièrement attaquer par des criminels qui n’aiment simplement pas vous voir dans la rue. 

Par contre, ici, au lieu d’incarner un yakuza au coeur d’or plus fort que Batman, vous incarnez Tak Yagami, un ancien avocat ayant troqué son complet pour une très cool veste de cuir de détective privé. 

Yagami est hanté par les événements d’il y a 3 ans, alors qu’il a réussi à faire acquitter un accusé de meurtre qui s’est empressé de retourner à la maison et de tuer sa conjointe. 

Depuis, Yagami est un détective privé aux finances fragiles dans les dures rues de Kamurocho. 

Heureusement, il a trois atouts de tailles: un talent démesuré pour les arts martiaux, une intelligence hors du commun, et un employé ex-yakuza, Kaito, qui ne demande rien de mieux que de défoncer des crânes.

 

Sous enquête

Étant donné qu’on incarne maintenant un détective, l’équipe de Ryu Ga Gotoku, le studio derrière la série Yakuza, ont ajouté des mécaniques pour illustrer le travail de détective, avec des niveaux de succès variables. 

À plusieurs moments vous devrez prendre en filature des suspects et autres maris infidèles. Pour être parfaitement honnête, ces segments sont longs et quelques peu laborieux. Il n’y a pas vraiment de difficulté; tant que vous vous déplacez de cachette en cachette, vous suivrez votre proie sans problème.

C’est juste très long. Heureusement, ces segments de filature ne sont pas trop fréquents.

Beaucoup plus heureux, par contre, sont les segments d’interrogation. 

Directement inspiré de jeux comme Phoenix Wright: Ace Attorney et L.A. Noire, vous devrez à plusieurs reprises interroger des témoins et des suspects, en trouvant des trous dans leurs témoignages à l’aide de preuves accumulées lors de vos enquêtes. 

Il n’y a pas de grande difficulté; même si vous faites erreur, vous pouvez réessayer jusqu’à ce vous choisissiez le bon choix de dialogue ou la bonne preuve. La seule pénalité sera au niveau de l’expérience reçue. Mais même avec un si gros filet, ça reste amusant d’interroger les suspects. 

On a également ajouté quelques mécaniques diverses: la poursuite (correct, sans plus), le crochetage de serrures (amusant) et de façon absolument aberrante, le trousseau de clé.

À plusieurs reprises, vous entrerez en possession de clés pour débarrer certaines portes (évidemment). Chaque clé est associée à un bouton, et à chaque fois que vous ouvrirez une porte barrée, vous devrez choisir la bonne clé. 

Vraiment, vraiment pas nécessaire. 

 

Un vrai film policier

Trop souvent on se sent obligé d’ajouter «c’est bon… pour un jeu vidéo» quand on complimente l’histoire d’un jeu. 

Permettez-moi de vous rassurer en décrivant l’histoire ainsi: «C’est bon, point». 

Après un premier chapitre un peu plus lent, l’intrigue s’installe avec force lors du deuxième chapitre, et on se met à vivre encore plus de retournements qu’un chat oublié dans la sécheuse. 

C’est difficile de résumer l’histoire sans tomber dans les divulgâcheurs (je me sens sale d’avoir écrit ce mot), mais en gros, un tueur sévit dans les rues de Kamurocho, tuant des yakuzas et les laissant dans des ruelles, les yeux arrachés.

Un capitaine Yakuza est accusé du crime et il vous engage pour prouver son innocence. Plus vous creusez l’histoire, plus vous vous rendez compte que s’il n’est pas le tueur, il n’est peut-être pas aussi innocent qu’il le laisse croire. 

En fait, il semble que tout Tokyo soit mêlé à l’histoire, et bien vite, vous ne saurez plus à qui faire confiance. 

Je n’en dis pas plus, parce que je veux vous laisser découvrir l’histoire, mais sachez que le récit a su me tenir en haleine pendant les 30 heures que durent l’histoire principale, et surtout, l'intrigue se conclut de façon tout à fait satisfaisante. 

 

Une durée de vie énorme… comme d’habitude

 

Des mini-jeux…

Oui, je sais, je viens de vous mentionner une durée de vie d’environ 30 heures, mais il faut savoir que le jeu est beaucoup, beaucoup plus long que ça.

Comme dans tous les jeux Yakuza, le vrai fun de Judgment se trouve dans les quêtes annexes. 

Kamurocho est une ville vivante, et rapidement vous aurez l’impression d’habiter le quartier.

Vous pouvez aller dans n’importe quelle arcade Sega, où vous trouverez un pastiche de House of the Dead, Kamuro of the Dead. Vous y trouverez également des ports d’arcade de Fighting Vipers, Virtua Fighter 5 Final Showdown, Fantasy Zone, Space Harrier, Motor Raid et mon préféré, un port complet de Puyo Puyo! 

La grande nouveauté de Judgment (sûrement pour s’excuser de la disparition du mini-jeu de karaoké) est les courses de drone. 

Votre drone, qui sert à normalement à espionner vos cibles dans vos missions de détective, peut être modifié afin de le rendre plus rapide, question de dominer le circuit de courses de drones de Kamurocho. 

Ces courses sont amusantes, notamment parce qu’elle vous demandent de vous déplacer en 3D, ce qui a fait travailler mes réflexes un bon coup.

… et des amis

L’avantage d’avoir un nouveau protagoniste, c’est qu’il offre une nouvelle paire de yeux sur la ville qu’on explore. 

Alors que Kiryu de la série Yakuza fait décidément partie du monde interlope, Yagami se tient entre les deux. 

Il développe alors plus facilement des liens avec la populace générale de Kamurocho. On vous encourage à vous lier d’amitié avec les différents marchands de la ville. 

Par exemple, les employés de Poppo, la chaîne de dépanneurs de Kamurocho, vous reconnaîtront si vous achetez suffisamment dans leurs magasins. Une fois que vous serez amis avec eux, vous aurez droit à des cadeaux, mais également à de l’aide en combat. 

Si vous vous battez près d’une succursale Poppo, un employé pourra vous sortir pour vous lancer une bouteille de sauce piquante, que vous pourrez ensuite vider dans les yeux d’un de vos adversaires. 

Il y a une cinquantaine d’habitants avec qui vous pouvez vous lier d’amitié. Les histoires sont souvent drôles (que dire d’Ass Catchem, la parodie d’Ash dans Pokémon qui collectionne… les fesses), et quand vos amis vous saluent quand vous les croisez dans la rue, vous avez vraiment l’impression d’habiter ce petit coin du Japon. 

 

Un jeu et rien d’autre

Mais honnêtement, je ressors de l’expérience Judgment avec un constat; on dirait un jeu de l’ère PS2, mais pour les meilleures des raisons. 

Judgment est un jeu qui ne demande rien d’autre que d’être joué. Certes, il y a quelques DLCs prévus, mais sinon, pas de micro-transactions, pas d’abonnement, pas de costumes à acheter ou de passes de saison.

C’est avant tout un jeu solo, long et généreux, qui offre quelques modes multijoueur locaux, mais qui est concentré à offrir une expérience solo complète. 

Et ça fait tellement de bien. 

 

 

 

Jeu fourni par l'éditeur.

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Critiques
La première vidéo de Pier-Luc, c'est lui, à l'âge de 3 ans, qui joue à Duck Hunt avec le gros fusil orange. Il les a pwn 360 NO SCOPE. Depuis, il passe beaucoup (trop) de temps à jouer à des jeux, que ce soit sur Android, 3DS, Wii U (oui, il est l'une des six personnes à avoir acheté une Wii U) ou PS4. Il ne joue pas beaucoup à l'ordinateur, sauf pour les fois où il télécharge des émulateurs pour jouer à de vieux classiques (des jeux qu'il possède, bien sûr). Quand il ne joue pas, il écoute la WWE, il lit ou bien il tente de faire avancer sa carrière en humour. Mais soyons honnêtes, il passe surtout son temps à jouer.
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