Age of Wonders: Planetfall – Une planète, ça tombe bien!

Age of Wonders: Planetfall est un jeu de stratégie à tour-par-tour, très semblable à Civilization, mais avec un focus sur le combat. Il s'agit du premier jeu axé sur un univers science-fiction de la franchise Age of Wonders. Or, plutôt que de se concentrer sur des mécaniques d'exploration et de développement, Planetfall  mise fortement sur des combats dans le style de XCOM.

Un combat exhaustif, mais vite résolu

Lorsqu'une armée affronte une autre, l'on se retrouve dans un champs de bataille à tour-par-tour, dans lequel on peut déplacer ses différentes unités (un maximum de 6 par armée) pour les mettre en mode défensif, utiliser des habiletés spéciales, ou, encore pour faire feu sur l'ennemi. Le joueur détient un arsenal spécial d'opérations, qui sont des pouvoirs utilisables sur le champs de batailles, dans le style d'un ravitaillement ou d'une frappe aérienne.

Il est possible de combiner plusieurs armées adjacentes pour les faire entrer ensemble ainsi dans le champs de bataille. Il est aussi possible de résoudre automatiquement les combats. Cela rend le joueur malheureusement propice à vouloir se mettre ses forces à plusieurs contre une seule armée ennemie et donc, d'auto-résoudre les combats. C'est dommage, car il est trop facile de faire recours à l'auto-résolution et cela accélère le jeu. Pourtant, le plus intéressant dans Planetfall, est de jouer les combats et de modifier ses troupes avec des nouvelles armes et équipements, puisque la liste exhaustive d'équipement, les habiletés pour les héros, ainsi que les recherches militaires, permettent d'optimiser le combat principalement et donner aux joueurs de la variété lors des batailles. Donc, les joueurs perdent l'intérêt principal d'utiliser une bonne partie des mécaniques du jeu.

 

Des quêtes à n’en plus finir

Sur la carte, il existe plusieurs factions secondaires auxquelles on peut s'allier et avec lesquelles on peut échanger des troupes et ressources. Par contre, ces factions demandent trop souvent aux joueurs de faire des objectifs secondaires pour rester alliés. Ces objectifs ralentissent et sont souvent inutiles. Ces quêtes font apparaître une panoplie de forces hostiles sur la carte qui s’accumulent si on ne prend pas la quête de la faction secondaire ou si on n'élimine pas ces forces. Pourtant, si on n'accepte pas la quête, ces forces apparaissent tout de même et ne disparaissent que lorsque les joueurs les éliminent. Or, cela a été pensé pour pousser le plus de combats possibles, mais lorsqu'on peut auto-résoudre les combats, ça ne sert à rien.

 

La patience est au menu

D'ailleurs, les tours passent beaucoup trop rapidement, puisqu'il n'y a jamais plus que quelques actions à faire par tour. Au final, des parties peuvent durer entre 100 et 200 tours. Le gameplay est rapide par tour, mais peut devenir répétitif et quand même stagnant plus la partie avance. Les unités ne se déplacent pas assez loin à chaque tour et la production prend trop de tours, selon moi. Ceci pourrait facilement être réglé.

Civilisation avancée, recherche mécaniques à combler

Ce qui est encore plus triste, c'est qu'il y a une arborescence de recherche plutôt exhaustive et intéressante, ainsi que plusieurs armes et équipements que l'on peut ajouter à nos différentes unités, pour leur permettre de mieux faire face à différents types d'ennemis et leur ajouter des habiletés spéciales. Il en est de même pour les héros, que l'on peut développer selon un système de points de compétences, qui s'accumulent lorsque le héros gagne de l'expérience et monte de niveau. Pourtant, ces mécaniques de jeu n'auront pas d'intérêt pour la plupart, puisqu'on peut auto-résoudre les combats.

Le bonheur? Quelle perte de temps!

Par la suite, un irritant au niveau de la conception du jeu est l'existence d'une ressource - Le bonheur. Le seul moyen d'augmenter cette ressource est de commencer à construire un certain bâtiment et ce, dès le début du jeu, puis, le plus rapidement possible lors de l'installation de chaque subséquente nouvelle colonie sur la carte. Il est nécessaire de débourser du temps de construction et de recherche pour simplement augmenter le bonheur de chaque colonie. Cette mécanique semble superflue, car le bonheur descend semblablement de façon aléatoire dès que l'on utilise la colonie sans repos, nous obligeant à ne plus l'utiliser pour quelques tours, voir débourser du temps de construction et de recherche pour construire un centre de réalité augmentée dans chaque colonie. Cette mécanique donne l'impressions d'exister purement dans le but de ralentir le débit de construction et de ralentir le jeu. Cela semble plutôt artificiel et inutile, car les parties peuvent déjà être longues.

Face-à-face avec l’interface

Un autre point négatif du jeu et qu'il peut devenir un peu difficile à comprendre et suivre, malgré son interface suffisamment user-friendly et la présence d'un tutoriel. Le jeu ne nous tient pas par la main. Par exemple, il m'a été difficile de comprendre qu'un allié était en train de me siphonner de l'énergie, car l'avertissement semblait indique qu'il s'agissait tout de même d'un ennemi.

 

Or, il est possible d'être partiellement allié avec des joueurs et autres IAs, mais celles-ci ne vont pouvoir faire du subterfuge et mettre le couteau au dos, ce qui rajoute une couche stratégique au jeu et rend les alliances intéressantes et risquées - Va-t-on choisir de s'allier à des ennemis temporairement et leur ouvrir nos frontières, prenant ainsi le risque qu'ils procèdent à des subterfuges?

Soyons positifs, le bonheur est important!

Malgré les points négatifs, il n'y a pas que du mal au jeu. Planetfall nous présente plusieurs bonnes surprises. Les visuels du jeu sont clairs, chaque faction est différente de l'autre visuellement et chaque unité et colonie est facile à distinguer d'une autre. La carte, l'interface, ainsi que tous les éléments différents, sont clairs, visibles et distinguables. Un autre point fort est la possibilité de créer son propre héros : il y a plusieurs options de personnalisation pour donner un look et une spécialisation spécifique à son personnage, peu importe la faction.

Des archétypes connus et bien exécutés

La présence de 6 factions est intéressante, car plusieurs jeux ne détiennent pas autant de factions. Chacune des factions se joue assez différemment de l'autre pour être plus qu'une peau différente au même gameplay. Certaines factions ont des stratégies et avantages différents.

L'audio et les visuels de Age of Wonders: Planetfall sont rétro-futuristes et cela fonctionne à merveille avec les archétypes présents dans la campagne et l'histoire de cet univers. On a droit à des sons lasers venant des années 70 à 90, des robots ménager devenus autonomes et violents, des insectes intelligents, un commandant avec des lunettes et une coupe de cheveux venant des années disco et ainsi de suite.

La musique est sublime et stylée, rappelant beaucoup la musique des jeux de stratégies et de guerre connus, lui donnant un air un peu rétro. Il s'agit d'un mélange entre musique rock et électronique, agrémentée d'instruments d'orchestre. Elle n'est pas très différente à ce que l'on connaît avec des jeux de stratégie tels Command & Conquer. Planetfall est un jeu auquel il fait plaisir de garder la musique plutôt que de l'enlever après un certain temps.

L’air frais de campagne

La campagne est intéressante et détient plusieurs missions avec différentes fins. Elle est durable et présente beaucoup de rejouabilité, notamment en raison que les cartes changent un peu à chaque fois. C'est un des meilleurs points de Planetfall: l'auto-génération des cartes est bien fait, de sorte à ce que rien ne manque ou soit trop encombrant. Le seul hic avec la campagne, c'est qu'il y a une déconnection entre la narration et le gameplay. Premièrement, il y a peu de voix et aucune réelle cinématique, ce qui est décevant. Deuxièmement, les objectifs et discours dans la campagne impliquent que l'on est ennemis avec une faction mais cette faction nous propose de s'allier à elle. Pourtant, la narration et les discours entre les personnages impliquent que cela n'est pas possible. Cela rend tout de même le jeu plus intéressant, car on peut alors amasser plusieurs armées, puis les marcher jusqu'à la porte de son allié et le trahir. Cette mécanique de jeu prend 2 tours avant de nous permettre d'attaquer l'ennemi, laissant la chance de se préparer et riposter, heureusement.

 

Des fins à n’en plus finir!

Les diverses manières de remporter la victoire ajoutent de l'intérêt aux parties. Il est possible d'achever une victoire diplomatique, de détruire toutes les forces ennemies sur la carte, de déclencher une super-arme et ainsi de suite.

Une fin pour finalement en finir

Au final, Age of Wonders: Planetfall est un jeu avec plusieurs points à améliorer, mais malgré cela, ce n'est pas un mauvais jeu. C'est un jeu de stratégie à tour-par-tour qui ne requiert pas, comme la majorité des jeux de son genre, extrêmement de préparation ennuyante, surtout en comparaison à ces prédécesseurs. Il est tout de même important de prendre le temps de bien penser ce que l'on construit et dans quel secteur et il y a plusieurs éléments qui ralentissent le débit du jeux qui pourraient être améliorées. Beaucoup d'habiletés, de recherches et d'équipements permettent d'améliorer ses troupes, leur permettant de rester utile au combat plus tard. Planetfall améliore beaucoup de choses pour son genre, mais, selon moi, il peut en améliorer bien encore.

Si les Age of Wonders et Civilizations précédents, ainsi que les jeux de la série XCOM vous fascinent et distraient à n'en plus finir, ce jeu sera tout de même pour vous. 

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CritiquesPC / MAC
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