Wreckfest – Destructible, mais solide

FlatOut, le jeu de course de Bugbear Entertainment en 2004 était génial. Ses physiques de démolition reprenaient le flambeau allumé par les Destruction Derby. Il était le bienvenu, puisque les jeux de ce type se faisaient plutôt rares. Burnout 3, aussi sorti en 2004, offraient des courses beaucoup plus rapides, alors que Flatout 1 et 2 se concentrait sur quelque chose de plus réaliste, sans tomber dans la simulation.

Dommage que Flatout 3 et 4 était d’énormes désastres... Ça s’explique par le fait que Bugbear Entertainment n’avait rien à voir avec ces deux navets. La franchise avait été reprise par Team6 Game Studios (qui ont un long historique de jeux de course médiocre) et Kylotonn (qui avait plus d’expérience avec des jeux de rallye plus réaliste comme WRC).

C’est donc avec confiance qu’on surveillait le prochain projet du studio responsable des deux premiers jeux. Le projet nommé «Next Car Game» échouera sa campagne Kickstarter pour se retrouver en Early Access sur Steam en 2014 pendant 4 longues années. Il a depuis été renommé Wreckfest pour sa sortie officielle sur PC en juin 2018. C’est à l’occasion de sa sortie sur console le 27 août dernier que nous y jetons un œil plus en profondeur.

Comme dans le bon vieux temps

D’entrée de jeu, on sent une vague de nostalgie (volontaire ou non) dans Wreckfest. L’époque des jeux de course sur PlayStation avec une bande-son rock cheap et ses menus simplistes qui sont à peine plus qu’une liste de course auquel participer. Ça sent le double A à plein nez, mais ça ne dérange pas du tout, puisqu’il a aussi le prix d’un jeu double AA, soit 50 $. Une fois en course, on comprend que l’effort a été mis au bon endroit.

L’attrait principal de Wreckfest, c’est la destructibilité des véhicules. On commence avec une voiture neuve, et on termine avec une boîte de tôle déformée à peine reconnaissable.

Côté gameplay, cette fragilité des véhicules a complètement changé ma façon de conduire. Je suis un habitué des Forza, et je dois avouer que je me frotte souvent sur les murs pour rattraper un dérapage qui a mal viré. Dans Wreckfest, c’est fortement déconseillé! La plupart des murs sont destructibles eux aussi : les faibles barrières éclateront lors d’une collision, et les piles de pneus vous arrêteront sec dans votre élan, et se mettront à rouler individuellement sur la piste à la recherche de leur prochaine victime.

C’est l’inverse pour vos adversaires. Alors qu’il est inutile de jouer agressivement dans Forza (puisque les voitures sont lourdes et ne sont pas réellement affectées par les dommages), il est carrément possible de détruire vos rivaux avec quelques coups de parechoc bien placé dans Wreckfest.

Il n’est pas possible de reculer le temps comme dans Forza ou Gran Turismo, donc chaque erreur peut vous coûter la victoire (même si cette erreur était un IA qui vous envoie valser dans le décor). Donc étrangement, on se retrouve à conduire plus prudemment, mais aussi plus agressivement envers les rivaux, pour obtenir un équilibre parfait.

 

“Last tondeuse standing”

Le clou du spectacle est bien sûr les derbys de démolition. On vous souhaite bonne chance et vous envoie vers une mort certaine dans une arène avec 23 autres conducteurs prêts au pire. Le premier événement de la carrière est derby de démolition à bord d’une... tondeuse? Une sorte de «last tondeuse standing», si on veut. Parce que Wreckfest ne se prend pas trop au sérieux et sait lâcher un peu de tension de temps à autre avec des défis complètement loufoques. Une course de sofa qui donne un autre sens à l’expression «sportif de salon»!

En gros, la campagne solo est constituée d’une série de 5 classes d’événements qui se débloque à mesure que nous accumulons assez de points en faisant des courses. Chacune d’entre elles requiert un véhicule d’une classe précise, on doit alors acheter plus de voitures pour pouvoir progresser. Il est possible de contrôler la difficulté comme dans un Forza, soit en changeant la maniabilité du véhicule et le niveau des autres coureurs.

Mais attention : dans Wreckfest, votre plus grand obstacle ne sera pas vos concurrents ou la fragilité de votre carrosserie : ce sont les temps de chargement! Il faut parfois 1 minute 30 pour démarrer une course. C’est terriblement long. Étrangement, Team Sonic Racing et Crash Team Racing sur Switch (les deux autres gros jeux de course de l’année) avaient eux aussi des temps de chargement interminable. Est-ce la fin de l’optimisation? Les performances sur Xbox One X sont passables sans plus, roulant à un 30 FPS jouable, mais un peu décevant.

 

La version PC a un avantage incontestable, outre ses performances potentiellement supérieures : c’est son support Steam Workshop. Les joueurs peuvent créer et partager leurs propres pistes, véhicules et modifications diverses. À noter que la version Steam coûte 10 $ de moins que la version console.

Comme on pourrait s’en douter, Wreckfest est à l’image de ses voitures : il manque de finition, tourne quelques coins ronds et n’est pas toujours des plus joli. Mais à 30 $ de moins qu’un Forza, on peut accepter ces quelques défauts puisqu’en course, c’est un véritable délice. Pour les casse-cous qui n’ont pas peur de froisser un peu de tôles.

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CritiquesMicrosoftPC / MACPlaystation
C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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