Kill la Kill: IF – décousu mais dénudé

Le rayon des jeux de combats licenciés est déjà bien encombré, et ce Kill la Kill IF vient en rajouter une nouvelle couche. Évidemment pur produit de fan service, le jeu développé par l’équipe Aplus Games, mais sous la houlette de Arc System Works a-t-il plus à vendre qu’un simple produit dérivé?

Aplus de fan service

Lorsque l’annonce d’un partenariat entre Arc System Works et Trigger, le studio produisant Kill la Kill a été faite, ce fut certainement une agréable surprise pour les fans. Cependant, le fait que ce soit Aplus Games au développement pouvait pour le moins inquiéter : leur précédent portage d’une autre licence à succès, Little Witch Academia, n’était franchement pas une réussite. Il restait à espérer que l’immense expérience de Arc System Works puisse mener Aplus vers un jeu de qualité. La mission rentrait totalement dans les cordes du studio ayant produit la plupart des grands anime fighters de la décennie, dont l’inénarrable Dragon Ball Fighter Z. Restait à voir à quel point ASW guiderait Aplus dans le développement de Kill la Kill: IF.

Kill la Kill, l'absurde en fil rouge

Pour les curieux qui ne connaîtraient pas le produit d’origine, Kill la Kill est un animé japonais, produit par Trigger et diffusé entre 2013 et 2014. Il ne comporte qu’une seule saison, mais se rattrape par un contenu dense, intense, et surtout complètement absurde. Du bon gros shônen où ça frappe fort, crie fort, et réfléchit un peu moins fort.

Et la première chose qui frappe dans Kill La Kill, ce sont les tenues des combattant(e)s : c’est très, très dénudé, et ce tout au long de la série. C’est assumé, et pousse jusqu’à la dérision ce côté quasi pervers. On n’a certainement pas affaire à l’oeuvre la plus fine du Japon, mais une fois sa nudité acceptée, l’incroyable énergie de ses personnages hauts en couleur font passer tout de même quelques bonnes barres de rire.

Kill la Kill - Satsuki Kiryuin

Du gros lettrage, pour du gros effet bourrin

Maintenant que les présentations sont faites, passons au jeu. Dès le lancement, le mode histoire vous embarque non pas dans la peau de Ryuko Matoi, protagoniste principale de la série, mais plutôt dans les bottes de Satsuki Kiryūin, la présidente du conseil des élèves. 

Bref rappel pour les amateurs, ou présentation succincte pour les curieux, Kill la Kill raconte l’histoire de lycéens d’une école bien particulière, dont les uniformes faits de “fibres de vie” (life fibers) procurent une puissance démesurée. S’y mêlent extra-terrestres, résistants nudistes, haute couture, trahison et haute fidélité, bref : un contenu aussi variés que les ventes du village des valeurs. 

Reprenant bien entendu la trame de l’anime, ce mode histoire de Kill la Kill: IF diverge rapidement du produit d’origine pour construire sa propre histoire. Cependant, les deux chapitres se terminent bien trop rapidement : environ 3 heures de jeu, durant lesquelles on passera probablement plus de temps à regarder les cinématiques qu’à en découdre avec des adversaires bien trop faibles pour s’y attarder. Ces scènes sont toutefois plutôt réussies, et sauront contenter les fans de la série, sevrés de contenu depuis la fin de l’unique saison. On est toutefois un cran en dessous en terme d’intensité et d’absurde, mais on ne peut toutefois trop jeter la pierre à Aplus, tant la barre est placée haute dans Kill la Kill. On tomberait presque dans le répétitif, ce qui est souvent l’apanage des jeux de combats, si la brièveté de cette campagne n’y coupait pas court aussi vite.

Ajoutons à ça un étrange clignotement des sous-titres, laissant croire à une nouvelle ligne à tort, et on obtient au final une expérience très (trop) rapidement oubliable. 

Du roche-papier-ciseau en doublure

Mais un jeu de baston, c’est avant tout le gameplay qui compte, il paraît. On est ici face à un classique arena fighter, genre révélé et étrillé par les nombreux Naruto depuis plusieurs années. Remballez vos stick arcade, pas de longs combos techniques et autres manipulations à la frame près : Kill La Kill: IF est un gros roche-papier-ciseau, à plusieurs couches. Côté contrôles, on retrouve une touche pour l’attaque principale, pouvant varier entre coup horizontal ou vertical, un peu façon Soul Calibur. Un bouton de saut, un guard break pour passer à travers la garde, une attaque à distance, et enfin une touche pour les attaques spéciales constituent votre tissu de base au combat.

Kill la Kill - Bloody Valor System

Le Bloody Valor amène un mind game fun et vocal

 

Kill la Kill: IF hérite également d’un assaut rappelant le “dragon rush” de Dragon Ball Fighter Z, propulsant votre combattant directement sur l’adversaire, quelle que soit la distance. Cette charge peut s’avérer parfois frustrante, étant difficile à esquiver par un pas de côté, pourtant permis par le style de jeu en 3D.

Les combos existent, mais rien d’aussi poussé que ce que proposent les titres les plus compétitifs, malgré la grande mobilité du gameplay 3D. On peut toutefois varier les coups, au sol comme dans les airs, mais peu de moyen d’allonger vraiment indéfiniment les combos existent. Le système se veut aussi simple et accessible que possible, visant donc un public bien spécifique.

Kill la Kill - combat Inimuta vs nui

Inimuta, combattant réversible

 

Côté attaques spéciales, on retrouve une classique barre de furie, vous permettant de lancer diverses offensives au corps-à-corps ou à distance, pour la moitié de votre barre. Mais c’est une barre complète qui rajoute une mécanique plus intéressante. Le bloody valor vous fait rentrer dans un affrontement d’insultes et provocation en roche-papier-ciseau, qui n’est pas sans rappeler le bon vieux duel d’insultes de Monkey Island. Les trois choix possibles ( provoke, mock, taunt ) permettent en cas de victoire d’obtenir un premier bonus ( barre de furie, vie, dégâts), mais aussi faire monter un indice de Valor. De nouvelles compétences et attaques variées au troisième et dernier niveau de valor viennent pimenter le jeu, à condition d’être un pro du roche-papier-ciseau, bien évidemment. Si le système n’a rien de révolutionnaire, il apporte une pause bienvenue dans le combat, qui rappelle le système présent dans Injustice 2. 

Dans les faits, on a un jeu nerveux, au rendu anime impeccable comme ASW avait si bien su faire avec DBFZ. Le produit d’origine et son esprit sont parfaitement respectés, mais avec tout de même moins de fougue que l’anime. 

Collection automne-hiver réduite

Niveau combattants, c’est ici qu’est le gros point faible du jeu : seuls 8 personnages jouables sont pour l’instant présents, avec trois annoncés en futur contenu téléchargeable. C’est bien trop peu pour justifier le plein tarif demandé pour Kill la Kill: IF. On aurait aimé voir certains présidents de club déjantés, comme la meneuse du club de tennis. Seule consolation, les DLC ont été annoncés gratuits… mais auraient déjà dû sortir à l’heure actuelle. ASW a cependant communiqué à ce sujet, promettant une sortie fin septembre pour le DLC DTR, et fin octobre pour Mako. Les possesseurs de Switch devront être un peu plus patients quant à eux…

Heureusement, les mécaniques et gameplay proposés par les différents combattants sont franchement variés malgré la simplicité du jeu, et proposent chacun un style bien propre. Du masochisme de Gamagoori au hacking d’ Inumuta, en passant par les incessantes attaques à distance “musicales” de la cheffe de fanfare Jakuzure, il y en a pour tous les goûts. Les tenues alternatives ne sont pas toutes de très bons goûts, mais les connaisseurs apprécieront particulièrement les variations nommées “ARC Collab Color”, clins d’oeil à des personnages célèbres d’autres titres de Arc System Works comme Guilty Gear.

Kill la Kill-alt Ryuko

Pour terminer le passage en revue du contenu, Kill la Kill: IF propose assez peu de mode de jeu pour varier les plaisir. Outre l’incontournable mode duel, on a un survival, et un covers challenge, dans lequel on affronte des hordes de sbires successives. De quoi s’amuser deux ou trois fois, et on n’y revient plus jamais.

Les performances ne sont pas extraordinaires mais respectables sur Nintendo Switch, support pour ce test. On pourra toutefois reprocher des temps de chargement nombreux et plutôt longs, surtout dans le mode histoire. 

Pour fan averti

Kill la Kill:IF remplit son contrat, à savoir faire du fan service du mieux qu’il peut. Ses mécaniques accessibles ne révolutionnent certainement pas le genre, mais sont efficaces pour passer un bon moment. Malheureusement, avec 8 combattants, un mode histoire éphémère et si peu de choses à faire, son contenu rachitique a bien du mal à justifier son tarif. Les amateurs du genre, et les fans de la série devraient tout juste y trouver leur compte, dépendamment du suivi promis qui cependant tarde à venir. 

Fan Service haute couture
6
Fan Service haute couture

Si le contrat de fan service est réussi, et le coeur du jeu simple et efficace, le manque de contenu avec seulement huit combattants, pour un jeu vendu plein tarif peine à convaincre.

Les plus
  • L'esprit de la série bien reproduit
  • Mécaniques accessibles à tous
  • Énergique et drôle
Les moins
  • Contenu famélique
  • Performances limites sur Switch
  • Mode histoire expéditif
  • 6
Catégories
CritiquesNintendo
Tombé dans la NES quand il était petit, c'est un fan de jeux vidéo depuis l'enfance. Console, puis PC, c'est l'avènement d'internet qui scellera sa passion pour le jeu en ligne. FPS, STR, MOBA, un café, l'addition, tout l’intéresse, et il suit avec attention la scène pro à travers le monde. Au diapason de ses origines, il trouve son inspiration au sein d'une organisation secrète: #FrenchWhine.
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