The Outer Worlds – Le VRAI Fallout 4

The Outer Worlds est un RPG conçu par Obsidian, l'équipe ayant créé la franchise Fallout et ayant développé le meilleur d'entre tous, Fallout New Vegas. Mais la franchise appartient à Bethesda, et Obsidian n'ont donc plus le droit de développer de titres dans la série. Ils ont donc décidé de créer leur propre franchise, The Outer Worlds, qui se veut un Fallout dans un nouvel univers.Fait que je veux juste vous avertir drette en partant, le mot Fallout va revenir à peu près 1000 fois dans cette critique.

En novembre 2015, j’étais excité comme un gamin à la veille de Noël. C’est que Fallout 4, la suite à Fallout 3 et Fallout New Vegas, deux de mes jeux favoris de tous les temps, était sur le point d’être lancé. 

Pendant des semaines, j’ai dessiné des personnages inspirés de Fallout dans mes cahiers au travail, j’ai regardé avec attention chacune des bande-annonces. 

Il m’est peut-être même arrivé de rêver de Fallout pendant la nuit (peut-être). 

Puis, le grand jour est arrivé. À minuit pile, j’ai démarré le jeu, et je me suis lancé à plein corps dans cette nouvelle aventure. 

Je ne ressentais pas vraiment la même excitation qu’à la première fois j’avais mis les pieds dans le Capital Wasteland de Fallout 3, mais bon, je me disais que je finirais par me perdre dans cet univers aussi. 

Puis, au bout d’une vingtaine d’heures, une réalisation m’est tombée dessus comme un mini-nuke : Fallout 4 n’était pas vraiment un bon jeu. 

Ou du moins, ce n’était pas le jeu que j’espérais. 

Fini le jeu de rôle aux dialogues complexes avec lequel j’étais tombé en amour; on avait préféré me servir un jeu de tir aimant se déguiser en RPG. 

J’ai donc relégué Fallout au rang de ces jeux rétro dont je ne verrais jamais un nouvel opus, comme E.V.O. Search For Eden ou Viewtiful Joe. 

Puis, l’an dernier, j’ai entendu les échos d’un nouveau titre en développement, The Outer Worlds. Ce jeu serait développé par Obsidian Entertainment, studio ayant inventé la franchise Fallout dans les années 90, et derrière le brillant Fallout New Vegas (qui est, pour plusieurs, moi y compris, le meilleur titre de la série Fallout). 

Mieux encore, ce titre se voulait une réinvention de Fallout, mais dans un nouvel univers qui ne serait pas sous le contrôle de Bethesda et de ses obsessions capitalistes. 

Je me suis surpris à rêver de nouveau. 

J’ai finalement pu mettre la main sur The Outer Worlds la semaine dernière. Après avoir exploré la colonie spatiale d’Halcyon et changé sa destinée à jamais, une question demeure : The Outer Worlds est-il le Fallout 4 que j’espérais en 2015?

 

Retour vers le futur

Les événements de The Outer Worlds se déroulent dans la colonie spatiale d’Halcyon, dans les années 2300.  La Terre a considérablement étendu sa présence dans l’univers, établissant des colonies à des années-lumière de la planète-mère.  Halcyon est très éloignée de la Terre, située à au moins 6 mois de voyage, même en dépassant la vitesse de la lumière.  La Terre a donc envoyé deux énormes vaisseaux, le Groundbreaker et le Hope, chacun abritant des milliers d’êtres humains, pour coloniser ces confins éloignés de l’univers. 

Le Groundbreaker s’est rendu à bon port, mais le Hope a disparu, pour réapparaître des décennies plus tard, rempli de passagers abandonnés à leur sommeil cryogénique. 

Malheureusement pour vous, vous étiez passager du second vaisseau. 

Pire encore, les méga-corporations à la tête de la colonie ont décidé de vous laisser flotter dans l’espace dans votre état cryogénique, question de ne pas nuire à leur marge de profit. 

C’est qu’il faut le mentionner, si les développeurs d’Obsidian ont choisi d’abandonner l’univers post-nucléaire de Fallout pour cette nouvelle franchise, il nous ont pondu un univers encore plus terrifiant qu’un désert nucléaire : une société ultra-capitaliste. 

Terrifiant. 

À Halcyon, les grandes corporations contrôlent chaque aspect des citoyens, qui sont en fait considérés comme rien de plus que des ressources. C’est ce qu’espère changer Phineas Welles, le savant fou qui vous sort de votre sommeil cryogénique en espérant bouleverser l’ordre des choses dans cette dystopie capitaliste. Mais The Outer Worlds est un jeu de choix : aiderez-vous Phineas dans sa révolution (pouvez-vous même lui faire confiance?) ou déciderez-vous plutôt de vous hisser au sommet de cette échelle faite d’or et de trahisons? 

 

Des décisions par milliers

Si les mondes d’Halcyon ne sont pas encore post-apocalyptiques, ils se dirigent rapidement vers l’abysse au moment où vous entrez en jeu. 

Et heureusement pour ceux qui s’ennuient de l’aspect « jeu de rôle » de Fallout, Obsidian nous donne ici un contrôle presque total sur la façon dont nous entendons forger notre destinée dans cette colonie en perdition. 

Si vous craignez que les choix ne se résument à « être le sauveur de l’humanité » ou « devenir un tyran », je vous rassure : les choix sont beaucoup plus nuancés. 

D’ailleurs, Obsidian a eu la bonne idée de complètement faire fi du système de karma qu’on retrouvait dans les titres de la série Fallout. 

Ici, seule la réputation subsiste. Il n’y a pas de bien ou de mal absolu, mais il y a des liens de confiance qui se font et qui se défont avec les divers groupes qui composent Halcyon. 

Parce que dans The Outer Worlds, les décisions sont rarement manichéennes. Peu importe ce que vous choisirez de faire, certains en profiteront et d’autres souffriront. À vous de vivre avec votre confiance. 

Je vous donne en exemple l’une des premières quêtes du jeu (les spoilers seront mineurs, mais si vous voulez vraiment entrer dans l’aventure à l’aveugle, sautez les deux prochains paragraphes).

 

**DÉBUT DES SPOILERS**

La ville d’Edgewater est une ville centrée autour de son usine de poisson en conserve. La vie est difficile, mais les gens mangent et sont protégés des dangers environnants. Par contre, la ville dépérit : elle manque d’énergie, et plusieurs de ses citoyens ont décidé de quitter Edgewater pour former une communauté hippie libérée du joug des entreprises. On vous demande donc d’aller dans cette communauté, de convaincre les habitants de revenir au bercail (le patron d’Edgewater promet de faire des concessions) et de leur enlever leur électricité pour l’acheminer à Edgewater. Tant pis pour ceux qui refuseraient de revenir en ville.

L’ennui, vous voyez, c’est que je suis tombé en amour avec la petite communauté formée par les dissidents. Ils redécouvraient l’agriculture, et ils avaient réussi à bâtir un petit paradis basé sur l’autosuffisance… et sur la haine personnelle de la dirigeante envers Edgewater. Je voulais bien faire le contraire de ce qu’on m’avait demandé, et plutôt rediriger le courant vers cette communauté… mais la mairesse refusait de reprendre tout le monde, par rancoeur personnelle. Finalement, j’ai quand même décidé de favoriser les dissidents, peut-être dû à mon préjugé personnel envers les grandes enterprises. Et en effet, cette communauté a grandi… mais plusieurs habitants d’Edgewater sont aussi morts par ma faute. 

**FIN DES SPOILERS**

Les « bonnes décisions » ne sont pas toujours simples. Souvent, il n’y a pas de bonne décision, mais juste des moins pires. Comme dans la vraie vie. 

 

Chacun ses méthodes

Et cette insistance sur la prise de décision ne s’illustre pas seulement dans les choix scénaristiques. Vous les retrouverez aussi dans le gameplay

Rarement une quête ne peut être résolue que d’une seule façon. Vous aurez souvent plusieurs possibilités, dépendamment du personnage que vous avez bâti. Peut-être déciderez-vous d’attaquer cette usine en fonçant tête première par la porte d’en avant, arme à la main. 

Peut-être déciderez-vous d’interroger les gens aux alentours, qui vous parleront d’un tunnel désaffecté qui permettrait d’entrer plus subtilement dans l’usine. 

Vous pourrez aussi vous trouver un déguisement, et vous faire passer pour l’un des gardes pour vous rendre tout bonnement à l’objectif en saluant les gardes de la main (mais mieux vaut avoir un bon sens de la répartie si l’un d’eux émet des doutes sur votre identité). 

Et une fois dans l’usine, que ferez-vous pour la saboter? Vous pourriez utiliser vos compétences informatiques pour reprogrammer les robots pour qu’ils attaquent les employés, ou encore saboter la chaîne de montage. 

Ou pourquoi pas vous rendre jusqu’au patron et négocier avec lui pour plutôt vendre votre employeur. Si jamais ce marché ne vous convient pas, vous pourriez aussi vous contenter de tirer une balle dans la tête du patron. 

The Outer Worlds offre une multitude de possibilités pour façonner votre aventure à votre façon, et ce n’est pas juste un slogan. 

Après avoir terminé le jeu, je sais que je n’ai effleuré qu’une partie du contenu; la preuve, à la fin de mon aventure, deux planètes m’étaient toujours inaccessibles. Peut-être aurais-je la chance de les explorer dans une deuxième partie, en prenant des décisions différentes.

 

Une écriture brillante

L’histoire a beau pouvoir aller dans des dizaines de directions, si le tout est mal écrit, ça ne donne pas grand chose. 

Heureusement, l’équipe d’auteurs et de scénaristes d’Obsidian livre ici un travail remarquable. Je n’ai pas le rire facile en jouant à des jeux, mais à plusieurs reprises je me suis surpris à rire de vive voix. 

Qu’il s’agisse des robots publicitaires qui récitent des slogans tous plus absurdes les uns que les autres (« Slapp Lemon juice! Slapp your whole family tonight! ») ou les personnages qui jettent un regard cynique sur leur situation, vous n’aurez pas envie de sauter les dialogues. 

On a aussi eu la bonne idée de nous permettre de traîner deux compagnons à la fois, parmi les 6 disponibles. Chacun compagnon a sa personnalité propre, et ils interagissent entre eux, rendant plus divertissantes nos marches à travers les étendues désolées qui se déploient devant nous (coup de coeur particulier pour la relation entre Ellie, la médecin cynique et Felix, le jeune homme pour qui la vie est un comic book). 

 

Un jeu à petit budget

Depuis tantôt, mes critiques sont dithyrambiques; vous l’aurez deviné, j’ai beaucoup aimé mon expérience avec The Outer Worlds. Le jeu s’est hissé dans ma liste de candidats pour le jeu de l’année. 

Mais ça ne veut pas dire que c’est un jeu parfait. 

Obsidian est une relativement petite équipe. Qui plus est, c’est une équipe extrêmement solide, mais qui a connu de nombreux déboires financiers par le passé. 

Il faut aussi noter que le jeu est publié par l’étiquette Private Division, une branche de Take-Two qui cherche à ramener les jeux dits «AA», une catégorie de jeux à moyen budget quelque part entre les méga-productions AAA et les indies. 

Ne vous attendez donc pas à une aventure de la taille d’un Fallout. Certaines décisions ont dû être prises pour garder la taille du jeu sous contrôle, afin d’éviter de finir avec un budget gros comme la galaxie. 

 

Plusieurs petits open-world

Première mesure : plutôt que de proposer une carte gigantesque à explorer à sa guise, on a plutôt décidé d’offrir plusieurs petites et moyennes planètes à explorer. 

Certaines d’entre elles ne sont rien de plus qu’une ville. D’autres planètes, plus grandes, proposent un terrain ouvert composé de quelques communautés et quelques donjons. 

Il en reste beaucoup à explorer. Mais on n’est pas devant la taille démesurée de Skyrim ou de Red Dead Redemption II. 

Il est également plus rare de tomber par hasard sur un lieu étonnant perdu quelque part sur la carte, comme il pouvait arriver dans Fallout. 

Dans Outer Worlds, entre les villes, vous trouverez surtout des ennemis et pas grand-chose d’autre. 

Ça fait du bien d’avoir un jeu qui n’exige pas 100 heures de notre temps, mais il faut revoir vos attentes à la baisse si telles sont vos attentes. Une partie complète m’a demandé 25 heures, environ.

 

C’est un peu trop silencieux dans l’espace

Tsé quand je vous disais que les discussions entre nos compagnons agrémentaient les balades en sol étranger? 

Heureusement que nos amis ont de la jasette, parce que sinon, ça serait très silencieux. 

Il y a très peu de musique dans The Outer Worlds, et la musique qui est présente est assez minimaliste. On se contente habituellement d’ambiances au synthétiseur, ou de rares notes de piano. 

La comparaison avec Fallout est inévitable, et je n’ai pas pu m’empêcher d’espérer qu’un crooner vienne me chanter la pomme à un moment donné dans mes aventures, question de mettre un peu d’ambiance dans mes aventures. 

Pour une prochaine fois, peut-être. 

Mais la jouabilité, elle?

Bon, ça fait près de 2000 mots que vous avez lu, et j’ai parlé de tout, sauf du plus important : le jeu lui-même. 

Ici, The Outer Worlds n’essaie pas de réinventer la roue. Si vous avez déjà joué à Fallout, vous avez déjà joué à The Outer Worlds. 

On vous propose un système de combat à la première personne, vous permettant de choisir entre les armes à feu, les armes de mêlée et autres objets contondants. 

Seule différence notable : le VATS est ici remplacé par le TTD, le Tactical Time Dilation. Puisque vous êtes resté gelé pendant des décennies, votre cerveau en ressent des effets secondaires, ce qui vous permet de ralentir le temps pendant quelques instants. 

Pendant cette période, vous pouvez lire des informations sur les ennemis (leurs points de vie restants, leurs faiblesses, etc) et évidemment, tirer à votre guise. 

Le système de tir est tout à fait compétent, sans être extraordinaire. On n’en ferait pas un jeu de tir à 100%, mais ça fait très bien le travail pour un jeu de rôle (ce que Bethesda refuse de comprendre, apparemment). 

 

Obsidian à la conquête de l'univers

Avec The Outer Worlds, Obsidian n’ont pas entrepris de réinventer le jeu de rôle. Tout ce que vous verrez dans The Outer Worlds, vous l’avez vu ailleurs. 

Ce qu’ils ont plutôt voulu faire, ce sont deux choses : prouver qu’il y a encore un public pour ce genre de jeu de rôle que Bethesda semble vouloir abandonner, et prouver qu’ils sont les meilleurs pour créer ce genre de jeu. 

Pour ce qui est de la première affirmation, on verra bien les chiffres de vente. Mais il n’y a pas de doute quand à la deuxième affirmation : Obsidian ont tenu leur pari. 

Bien sûr, c’est l’oeuvre d’une équipe plus modeste avec un budget plus limité. 

Mais ce qu’ils ont réussi à accomplir avec cette équipe limitée est titanesque : une aventure enlevante, un jeu qui nous offre des tonnes d’options, et qui réussit à fonctionner sans bugs majeurs (d’ailleurs, Bethesda devrait le prendre comme une gifle, c’est honteux qu’avec leurs budgets, ils continuent à nous sortir des jeux qui roulent aussi bien qu’une roue carrée prise dans le ciment). 

Et d’une certaine façon, The Outer Worlds m’a paru comme un pilote de série télé. C’est un exemple de ce que ce studio peut faire, et la promesse de choses plus grandes à venir. 

Et avec le rachat récent d’Obsidian par Microsoft, et la promesse des manitous derrière Xbox de faire de The Outer Worlds une exclusivité majeure pour le prochain Xbox, peut-être que cette franchise, comme son studio et comme Halcyon, est promis à un avenir meilleur. 

 

 

Aventure enlevante dans un nouvel univers
8,5
Aventure enlevante dans un nouvel univers

Les plus
  • Une écriture de qualité
  • Une immense liberté
  • Le retour en force d'un style perdu
Les moins
  • Une trame sonore un peu trop minimaliste
  • Le jeu pourrait offrir un peu plus de contenu
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CritiquesJeuxMicrosoftPC / MACPlaystation
La première vidéo de Pier-Luc, c'est lui, à l'âge de 3 ans, qui joue à Duck Hunt avec le gros fusil orange. Il les a pwn 360 NO SCOPE. Depuis, il passe beaucoup (trop) de temps à jouer à des jeux, que ce soit sur Android, 3DS, Wii U (oui, il est l'une des six personnes à avoir acheté une Wii U) ou PS4. Il ne joue pas beaucoup à l'ordinateur, sauf pour les fois où il télécharge des émulateurs pour jouer à de vieux classiques (des jeux qu'il possède, bien sûr). Quand il ne joue pas, il écoute la WWE, il lit ou bien il tente de faire avancer sa carrière en humour. Mais soyons honnêtes, il passe surtout son temps à jouer.
2 commentaires
  • Bob
    23 octobre 2019 at 17:17
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    Ton article est ennuyant a s’endormir.

  • llady
    23 octobre 2019 at 18:33
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    Nice!!! J’étais vraiment surprise par l’aspect de moins en moins… addictif des Fallout, je comprends mieux maintenant. Vive les rpgs ;) J’ai hâte d’essayer ça! Merci pour l’article!

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