Google Stadia : jouer à pelleter des nuages

Annoncé depuis plusieurs mois, c’est enfin la sortie tant attendue de Stadia, la plateforme de Cloud Gaming signée par Google. Alors, à quoi s’attendre? 

Les promesses du Cloud Gaming 

Bien que des vagues de scepticisme aient pu s’abattre sur cette nouvelle direction prise par l’industrie, le Cloud Gaming peut apparaître comme une solution pour certain(e)s joueu(r)s(es). En effet, tout le monde n’a pas les moyens financiers et/ou techniques d’avoir une bête de compétition en tant que PC, ou l’une des consoles dernière génération envahissant le marché du Gaming. 

Dans un premier temps, Stadia pouvait paraître comme une solution au problème de l’accessibilité. Alors, cette promesse tient-elle la route?

 

A (not so) humble bundle 

Dans sa version de départ en précommande, Stadia s’élève au prix de 169 dollars canadiens, comprenant :

- la manette dans sa version originale (il existe deux autres coloris, noir ou wasabi, disponible uniquement en manette additionnelle pour 89$ unité)

- le Chromecast Ultra (Stadia n’est pour l’instant pas compatible avec le modèle Chromecast classique).

Ce prix paraît abordable, surtout lorsqu'il est question de pouvoir jouer à nos jeux favoris en Ultra HD 4K (il vous faudra un téléviseur compatible pour cela, en revanche). 

Seulement, il vous faudra rajouter une mensualité afin de profiter de l’expérience avec une meilleure résolution. Deux formules sont alors proposées, ainsi qu’un bundle spécial lancement : 

Stadia Base (disponible en 2020): 

  • Pas de mensualité supplémentaire 
  • résolution bridée à 1080p
  • Paiement des jeux à l’unité 

Stadia Pro :

  • Environ 11,99$ Canadiens/mois
  • Résolution 4K
  • Accès illimité à la bibliothèque de jeux (sauf exceptions pour les sorties récentes)

  Stadia Édition Fondateur (169$) 

  • Manette bleue édition spéciale
  • Chromecast Ultra
  • Destiny 2 
  • 3 mois d’abonnement à l’offre Stadia Pro 

Et au niveau technique, ça donne quoi?

Il semblerait que Stadia soit à la hauteur des attentes des joueurs, supposé que vous ayez une bonne connexion internet : Le principe étant la délocalisation par l’intermédiaire de serveurs, Google recommande alors une connexion minimale de 10 Mega bits/seconde pour pouvoir afficher une résolution de 720p, et à 60 IPS, et de 20 Megabits/seconde pour admirer vos jeux en 1080p. Ainsi, si votre connexion semble déjà instable d’ordinaire, il s’avère que vous ne pourrez pas profiter pleinement de l’expérience.

Dans le cas d’une bonne connexion, la rapidité du service semble à la hauteur. De plus, l’ergonomie de la plateforme, bien que classique, l’est également.

La plateforme promet déjà une compatibilité avec ses derniers modèles de cellulaire Pixel : si vous êtes l’heureux propriétaire de l’un d’entre eux, vous pourrez alors accéder au service directement sur celui-ci, et le connecter facilement à la manette.

De plus, la manette fournie dans le pack paraît correcte : les commandes sont souples, les joysticks et les gâchettes réactives et plutôt ergonomiques. C’est un OK tier pour le premier essai de Google en la matière.

 

Un lancement timide 

Bien que la promesse soit alléchante, Google Stadia ne propose que 22 jeux à son lancement, et prévoit d’élargir son catalogue courant 2020. À moins que vous attendiez un titre précis, il serait peut être préférable d’attendre que le service gagne en maturité (À votre guise, hein).

Les jeux disponibles au lancement sont les suivants : 

  1. Assassin's Creed Odyssey
  2. Attack on Titan: Final Battle 2
  3. Destiny 2: The Collection (uniquement pour les abonnées à Stadia Pro)
  4. Farming Simulator 2019
  5. Final Fantasy XV
  6. Football Manager 2020
  7. Grid 2019
  8. Gylt
  9. Just Dance 2020
  10. Kine
  11. Metro Exodus
  12. Mortal Kombat 11
  13. NBA 2K20
  14. Rage 2
  15. Red Dead Redemption 2
  16. Rise of the Tomb Raider
  17. Samurai Shodown (uniquement pour les abonnées à Stadia Pro)
  18. Shadow of the Tomb Raider
  19. Thumper
  20. Tomb Raider 2013
  21. Trials Rising
  22. Wolfenstein: Youngblood

Pour tout le monde, vraiment ? 

Malgré une campagne plutôt alléchante, certains points faibles restent tout de même au coeur de nos préoccupations quant à la nouvelle plateforme de Cloud Gaming

En effet, bien que celle-ci estime incarner le gaming “pour tous”, l’offre de base oblige aux utilisateurs à acheter chaque jeu à l’unité, et au prix fort : aucune différence prix par rapport à un jeu acheté en magasin, ou sur console ou PC.

De plus, Stadia ne remplacera pas un ordinateur : Si vous désirez jouer dans votre salon bien tranquille, et que les pertes de vitesse ne vous font pas peur, l’offre est peut être faite pour vous. En revanche, si vous êtes un aficionado, et que la moindre baisse de frame rate vous donne envie de lancer votre manette à terre, ce n’est peut être pas la meilleure alternative pour vous.

Et l’industrie, dans tout ça ? 

Si l’on prend un peu de recul, il est certain que le Cloud Gaming a maintenant sa place dans l’industrie : on a pu constater une multiplication massive de ces services ces dernières années et on estime le chiffre d’affaires annuel mondial à 450 millions de dollars d’ici 2023. 

Infographie: Cloud Gaming : le marché est prêt à décoller | Statista

 

Seulement, le lancement de Stadia en particulier ne fait pas l’unanimité chez les créateurs. En effet, au vu des portages massifs nécessaires à voir son jeu disponible sur la plateforme, les studios ne sont pas forcément prêts à prendre de risques (en tout cas, pas tout de suite). Au vu de l’instabilité potentielle de la plateforme, certains concepteurs font donc le choix de “tâter le terrain” avant de se jeter à l’eau, ce qui peut expliquer le maigre catalogue au lancement.

Stadia apparaît comme l’incarnation du tournant inévitable que l’Industrie mondiale du jeu vidéo est en train de prendre : la dématérialisation massive et la volonté de toucher un “coeur” de cible qui n’en est plus un, à mesure qu’il grandit. Cette “casualisation” du gaming pourrait alors profiter à l’industrie toute entière, permettant aux moins fortunés et aux plus frileux de pouvoir profiter d’une expérience de jeu tenant la route. Ceci dit, attendons de voir un bout de chemin avant de crier à la victoire, ou à la défaite.

En somme, si votre but ultime est de tester certaines licences que vous ne pouviez pas vous offrir sur console, allez-y : Stadia paraît être une bonne alternative aux grands classiques, ainsi qu'une plateforme de salon plus que correcte pour jouer en famille (ou entre colocs). En revanche, si votre domicile est déjà la caverne d'Ali-Baba du gaming, cela ne vous apportera certainement aucune valeur ajoutée.

Bref, wait and see...

 

Catégories
Actualités
Passionnée de jeux vidéo depuis pratiquement toujours, elle a même décidé d'y consacrer ses études en maîtrise à l'UQAM. Intéressée davantage par la scène Indie, l'E-sport et la présence féminine dans les jeux vidéo, elle est également ouverte à tout ce qui concerne la scène vidéoludique !
Aucun commentaire

Laisser un commentaire

*

*

Dans le même sujet