30 minutes avec Mosaic, ce n’est pas assez

Il y a certains jeux indépendants qui ont une sorte d’aura. Une seule bande-annonce et on comprend aussitôt qu’ils deviendront des incontournables. Mosaic en fait partie. Annoncé il y a 3 ans avec une vidéo mystérieuse, on pouvait sentir sa direction artistique calculée qui vient appuyer la lourdeur de son atmosphère.

Tout s’explique lorsqu’on réalise que Mosaic est développé par Killbrite Studio, qui nous avait donné le tout aussi inquiétant « Among the Sleep », en 2014. Ce studio norvégien sait comment captiver notre attention et nous emmener dans un univers original.

Notre personnage se réveille dans un univers gris et oppressant. On l’accompagne dans le début de sa journée alors qu’il se rend au travail. Il tente de trouver un peu de bonheur dans une ville où les habitants semblent esclaves d’une compagnie, Mosaic, qui se nourrit de l’énergie des habitants. (Du moins, c’est ce que j’ai cru comprendre dans le démo).

Blip Blop

Au E3 dernier, sa dernière bande-annonce terminait avec une publicité pour Blip Blop, un clicker game gratuit qui vient complémenter Mosaic. Je l’ai téléchargé, et je suis tombé dans le piège. J’y joue depuis 6 mois. C’est un clicker game dans sa plus simple expression : on appuie sur le bouton du centre pour gagner plus de Blip, on achète des upgrades pour gagner plus de Blip. Une fois qu’on a atteint le niveau 100, on « prestige » puis on recommence tout avec un multiplicateur. Pourquoi j’y joue ? Parce que ça comble mes temps morts, alors je me penche sur mon cellulaire et je lui donne mon attention.

Le sujet de Mosaic, c’est justement de dénoncer notre dépendance au téléphone cellulaire. Blip Blop lui-même est jouable dans Mosaic. Dans ce court démo, le personnage se retrouve dans un ascenseur un peu trop long, et je n’ai pas pu m’empêcher de sortir Blip Blop. Cette scène est magique. Si on regarde les autres gens qui se trouve enfermés avec nous, ils détournent le regard, regarde eux aussi leur cellulaire, répliquant à la perfection le malaise que l’on vit tous dans cette situation.

Mosaic > Inside

Parenthèse : j’étais un des rares à reprocher à Inside de Playdead Studios d’avoir manqué l’occasion de nous livrer un message puissant. Tout y était : une imagerie inoubliable, une ambiance macabre immersive, mais pourtant, on sort de l’expérience confus, sans trop savoir quoi on tirer. C’est comme si le développeur nous avait donné la tâche d’inventer un sens à tout ça pour que ça semble plus profond que ce l’est réellement.

Mosaic est tout le contraire. Sans aucun texte, on comprend qu’il nous parle du burnout, de l’oppression des compagnies trop exigeantes, du trouble d’attention, de notre obsession envers nos téléphones, de l’individualisme… et je n’ai joué qu’aux 30 premières minutes.

Je ne sais pas encore quelle finale nous réserve Mosaic, mais contrairement à Inside, son imagerie frappante vaut mille mots. Son style visuel, son gameplay et ses messages s’harmonisent parfaitement en un univers gris et malaisant beaucoup trop près de la réalité.

30 minutes avec Mosaic, ce n'est pas assez

J’ai eu la chance d’essayer les 30 premières minutes du jeu en prévision de sa sortie, et mon cœur a été brisé lorsque les mots « to be continued » se sont pointés à l’écran. J’en voulais plus.

À vrai dire, j’ai fait une micro crise cardiaque alors que j’ai vu apparaître Mosaic sur Apple Arcade sans crier gare, alors qu’on attendait encore une date de sortie officielle. J’ai alors rassemblé toute la patience que j’ai pu pour éviter d’y toucher, pour pouvoir profiter du jeu sur mon gros téléviseur, plutôt que le petit écran de mon iPhone. Je n’ai aucun regret: Mosaic est totalement envoûtant.

Soyez assuré qu’une critique complète apparaîtra sur Multijoueur lorsque la version complète de Mosaic sera disponible le 5 décembre prochain. En attendant, rien ne vous empêche de le télécharger sur Apple Arcade, ou encore de l’ajouter à votre wishlist Steam pour être certain d’y jouer avant la fin d’année.

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C'est un gamer, fan de science-fiction, de BD, de jeux de société et de musique électronique. Bref, un geek. Rédacteur depuis 2008, il adore partir à la recherche de jeux uniques, peu importe leurs dates de sortie ou leurs pays d'origine.
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