Bee Simulator: Plus vinaigre que miel

Les intentions nobles ne réusissent pas à sauver cette abeille

Si vous lisez régulièrement mes critiques de jeux, vous aurez peut-être remarqué que je ne suis pas du genre à descendre gratuitement des jeux. 

Ça ne veut pas dire que je ferme les yeux sur les défauts des jeux en essayant de faire passer une crotte de chien pour une grande sculpture d’Alcide Barbeau (les fans de François Pérusse comprendront). Si un jeu n’est pas réussi, je vais le dire, puisque c’est mon travail. 

Mais je pars de la base que tout le monde essaie de faire un bon jeu. Et quand le résultat final est décevant, je trouve plus intéressant de me pencher sur les éléments qui ont fait déraper la voiture que d’être celui qui rigole en prenant des photos de l’accident.

C’est d’autant plus désagréable d’être le messager des mauvaises nouvelles quand il est évident que l’intention de base derrière le développement du jeu était noble. 

Mais pour l’une des premières fois, je vais devoir revêtir mes habits de méchant; Bee Simulator est un mauvais jeu. 

 

Des intentions nobles

Je vais être franc avec vous; quand on m’a proposé de faire la critique de Bee Simulator, j’ai tout de suite dit oui sans vraiment m’informer sur le jeu. 

Le titre me faisait ricaner, et je m’attendais à un jeu absurde dans la veine de Goat Simulator. 

Or, il n’en est rien. Si Goat Simulator est un jeu qui se complaît dans l’absurde et dans l’humour, Bee Simulator, au contraire, est un titre avec une mission de sensibilisation et d’éducation. 

Bee Simulator nous place dans la peau de Beescuit, une jeune abeille qui doit contribuer à sa ruche tout en la défendant des envahisseurs, qu’ils soient guêpes, araignées ou humains. 

Ce qu’on semble vouloir nous faire réaliser, en nous mettant dans la peau d’une petite abeille, c’est qu’elles sont des créatures nécessaires à la survie de l’écosystème, mais que nos comportements les mettent en danger. 

À cela s’ajoute une mission éducative; avec les points récoltés en ramenant du pollen à la ruche, on peut acheter des entrées pour l’encyclopédie qui nous permettront d’en apprendre plus sur la nature et les différentes créatures qui l’habitent. 

Qu’on se comprenne bien : ma déception face à Bee Simulator ne vient pas du fait que le jeu soit éducatif plutôt qu’humoristique. Le problème, c’est qu’il s’agit d’un mauvais jeu éducatif.

 

Un gameplay qui ne nous donne pas la piqûre

Pardonnez-moi ce jeu de mot. Mais pour être parfaitement honnête, si vous n’aimez pas les jeux de mot d’abeille, faites vite demi-tour, parce que Bee Simulator en est rempli. 

Alors, comment ça se joue, Bee Simulator? 

 

Le vol de l’abeille

Ce que vous faites, la plupart du temps, c’est voler. La mauvaise nouvelle, c’est que le vol est désagréable à contrôler. 

Vous pouvez utiliser les gâchettes pour monter et descendre, mais il est plus facile d’avancer avec le stick gauche en ajustant la caméra avec le stick droit, un peu à la manière d’un shooter dans lequel vous pourriez vous déplacer en 3 dimensions. 

Le problème, c’est qu’on ne ressent pas du tout l’effet de la gravité. Même si les abeilles sont d’agiles voleuses, j’ose imaginer qu’elle ne peuvent pas voler la tête à l’envers comme si de rien n’était. 

Youtube - Galax

Souvent je me suis demandé où j’étais par rapport au sol. Quand on est dans un endroit fermé comme la ruche, il est facile de complètement perdre ses repères, n’ayant pas le ciel pour nous guider. 

En plus, les contrôles sont extrêmement sensibles et Beescuit rebondit sur les surfaces qu’elle percute comme une balle de ping-pong. Certaines missions nous demandent de faire la course avec d’autres créatures volantes, et il faut parfois passer dans des endroits serrés comme un tronc d’arbre vidé de l’intérieur. 

Plutôt que d’être excitantes, ces séquences nous donnent l’impression d’être une balle de tennis oubliée dans la sécheuse. 

 

Ruche-hour

La vie de l’ouvrière n’est pas facile, et si c’est ce qu’on a voulu nous démontrer, c’est réussi. Bee Simulator nous demande d’enchaîner entre différents types de missions toutes plus déplaisantes que la dernière. 

Il y a les collectes de pollen, qui nous demandent de récolter une certaine quantité de pollen d’une couleur donnée, la couleur déterminant la rareté. 

Pour ce faire, vous devez voler en activant votre « vision d’abeille » qui change la perspective à la première personne en ajoutant un effet kaléidoscopique, rendant le contrôle du vol encore plus difficile. 

Youtube - Galax

Il y a également des combats avec des ennemis, mais encore une fois, l’essai ne fait pas mouche. Plutôt que de proposer des affrontements dynamiques jumelant vol et combats de mêlée, les combats se résument en un jeu de rythme niais dans lequel il faut appuyer sur X ou Y au bon moment. 

Youtube - thnxcya (version PC)

On a vu plus excitant. 

Mais les pires missions d’entre toutes sont sans contredit les poursuites. Dans ces missions, vous devez rattraper une créature volante en passant au travers d’anneaux dans les airs. 

Oui, pareil que dans Superman 64. 

De tous les jeux desquels s’inspirer, ce n’est pas à cette fleur que je serais aller butiner, personnellement. 

Youtube - Galax

Je passe quelques autres mécaniques, questions d’être succinct (il y a entre autres certains passages qui vous demandent de communiquer par la danse avec certaines de vos comparses, ce qui n’est finalement rien de plus qu’un jeu de mémoire à la Simon Says qui vous demande de retenir une séquence de 4 directions).

Ce qu’il faut retenir est que malheureusement, des diverses idées proposées par Bee Simulator, aucune ne m’a intéressé. 

 

Une durée de vie plus courte que la vie d’une abeille

Une abeille ouvrière vit un peu moins de deux mois. Même dans une vie si courte, les créatures auraient le temps de terminer Bee Simulator plusieurs fois. 

En effet, quelques heures à peine devraient vous suffire pour voir la fin de la quête de Beescuit. 

Certains pourront dire que ça ne fait que raccourcir le supplice, mais à 50$ la copie, ça fait quand même un peu mince. 

Vous seriez mieux d’investir votre argent dans un bon miel de qualité. 

L’enfer est pavé de bonnes intentions

Ce n’est pas le coeur joyeux que je lance ces commentaires à l’égard de Bee Simulator. De toute évidence, Varsav Game Studios cherchait à offrir un jeu qui pourrait initier les plus jeunes aux jeux à monde ouvert, tout en les éduquant sur la faune, plus spécifiquement sur les abeilles. 

De plus, la volonté des développeurs de sensibiliser la population aux menaces auxquelles les abeilles font face est louable. 

Malheureusement, Bee Simulator finit dans une position pas plus enviable que celle des abeilles. 

Le jeu est trop ennuyant pour les plus jeunes, trop court, et les mécaniques ne sont ni originales, ni satisfaisantes. 

Bref, beaucoup de buzz mais peu de résultats.

 

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CritiquesJeux
La première vidéo de Pier-Luc, c'est lui, à l'âge de 3 ans, qui joue à Duck Hunt avec le gros fusil orange. Il les a pwn 360 NO SCOPE. Depuis, il passe beaucoup (trop) de temps à jouer à des jeux, que ce soit sur Android, 3DS, Wii U (oui, il est l'une des six personnes à avoir acheté une Wii U) ou PS4. Il ne joue pas beaucoup à l'ordinateur, sauf pour les fois où il télécharge des émulateurs pour jouer à de vieux classiques (des jeux qu'il possède, bien sûr). Quand il ne joue pas, il écoute la WWE, il lit ou bien il tente de faire avancer sa carrière en humour. Mais soyons honnêtes, il passe surtout son temps à jouer.
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