Comment Pokémon Or et Argent ont redéfini la série

En 1999, Nintendo publiait sur le Game Boy Color les jeux Pokémon Or et Argent (Gold & Silver). Bien que les joueurs hors du Japon n’ont pu en profiter que dans les années suivantes, il n’en reste pas moins que les deux versions ont connu un succès grandiose, devenant les troisième jeux les plus vendus de la console.

En 2000, je n’étais qu’un enfant qui avait 8 ans. Évidemment, je connaissais déjà bien les Pokémon grâce aux cartes à collectionner et à la série télévisuelle qui était diffusée à Télétoon. Il faut dire aussi que pratiquement tous les enfants de mon école primaire passaient leur temps à parler des Pokémon. Pourtant, bien que j’ai déjà joué à Pokémon Rouge et Bleu (Red & Blue) grâce à mon voisin qui m’avait passé son Game Boy, je ne possédais aucun jeu de la série. C’est alors qu’au Noël 2000, le Père Noël m’a offert mon premier Game Boy Color (de couleur bleu) avec la version Or.

 

Toute histoire commence par une introduction

Pour ceux qui connaissaient déjà par cœur les premiers jeux Pokémon qui ont été publiés sur le Game Boy en 1998 en Amérique du Nord, ils avaient déjà une idée comment ceux-ci étaient conçus. Un personnage devient dresseur de Pokémon lorsqu’il choisit l’un des trois créatures offertes au début par le professeur. Par la suite, le dresseur devait débuter son aventure en se promenant dans le monde et en capturant le plus de Pokémon possible dans divers endroits, dont dans l’herbe, sur l’eau, dans des cavernes, etc. Le but était de faire combattre ses Pokémon contre d’autres Pokémon sauvages ou des ceux appartenant aux autres dresseurs pour qu’ils deviennent encore plus forts. Parfois même, certains Pokémon pouvaient évoluer en de nouvelles créatures.

Lors de son aventure, le dresseur devait combattre dans des gyms (huit pour être exact) dans le but de vaincre les Pokémon des champions et ainsi gagner un badge. Après avoir obtenu les huit badges, le dresseur avait la chance d’entrer dans la ligue Indigo pour affronter les meilleurs dresseurs de la région, dont le rival du personnage principal. Après avoir défait les cinq dresseurs de la ligue, le personnage principal devenait officiellement le champion de la ligue Indigo.

Un des éléments révolutionnaires, c’était la possibilité d’échanger des Pokémon entre deux jeux (deux cassettes ou cartouches) grâce au câble link du Game Boy. De cette façon, les joueurs avaient la possibilité de s’échanger des Pokémon entre eux, ce qui était une bonne option pour obtenir ceux qui étaient exclusifs à une version ou à l’autre. L’autre utilité du câble permettait à deux personnes de faire affronter leurs Pokémon entre eux.

 

 

Plusieurs nouvelles créatures dans un nouveau monde

Voilà qu’en novembre 1999 au Japon, Nintendo publie ce qui aurait dû être les derniers jeux Pokémon de la série. Cela peut sembler surprenant de nos jours à cause de la popularité qu’a connu la franchise, mais c’est bien ce que le président de The Pokémon Company, Tsunekazu Ishihara, a affirmé dans le passé. C’est peut-être également l’une des raisons pour lesquelles les développeurs ont mis le paquet pour les versions Or et Argent.

Il faut dire que le nombre total de Pokémon est passé de 151 à 251. De ce fait, il devenait plus difficile de tous les capturer pour compléter son Pokédex. Malgré tout, ils avaient encore plus de choix pour faire leur équipe de rêve dans le but de combattre non seulement leurs amis grâce au câble link, mais aussi tous les autres dresseurs présents dans le jeu. Lorsque le joueur a terminé de combattre les huit dresseurs de la région de Johto, ainsi que les dresseurs de la ligue Indigo, il y a la possibilité de visiter la région des précédents opus et de découvrir ce qui s’est passé depuis ce temps. Après avoir défait les huit champions de la région de Kanto, le dresseur affronte finalement Red, le protagoniste de la version Rouge.

Outre la carte qui est deux fois plus grande et le rajout de 100 nouveaux Pokémon, de nouvelles fonctionnalités font leur apparition et deviendront monnaie courante pour la série. Dans les premières versions, on pouvait retrouver 15 types de Pokémon, alors que les versions Or et Argent ont inclus deux autres types, soit Steel (acier) et Dark (ténèbres). Il a fallu attendre plus d’une dizaine d’années pour voir l’apparition d’un autre type, soit le type Fairy (fée) qui a été introduit dans Pokémon X et Y.

 

De nouvelles fonctionnalités

Un autre ajout fort intéressant dans les versions Or et Argent est la possibilité de permettre à ses Pokémon d’équiper des objets. Par exemple, si l'un d'entre eux est équipé d’une baie et subit des dégâts ou est altéré par un statut lors d’un combat, il peut se soigner automatiquement. D’autres items peuvent aussi être équipés, entres autres ceux qui permettent de renforcer des types d’attaques spécifiques.

La reproduction de Pokémon a été un élément inclus dans les versions Or et Argent qui est aussi demeuré dans les jeux suivants. Cette fonctionnalité est une partie importante pour ceux qui veulent obtenir des duplicatas de Pokémon qu’on ne peut capturer parfois qu’une seule fois. Dans un endroit spécifique, le joueur doit apporter deux Pokémon compatibles (ex : vol, dragon, minéral, etc.) et de sexes différents. Après un peu de temps, il découvrira qu’un œuf a fait son apparition. Pour pouvoir le faire éclore et découvrir quel Pokémon s’y trouve à l’intérieur, il n’a qu’à se promener jusqu’à ce que l’œuf éclot.

 

 

Vous avez dit « Évolution » ?

Les versions Or et Argent sont les premiers jeux de la série à introduire le cycle de jour et de nuit, qui aura un impact significatif dès le début. À la deuxième génération, certains, tels que Hoothoot et Noctowl (Noarfang), ont plus de chances d’apparaître le jour, alors que d’autres, comme Butterfree (Papilusion) et Beedrill (Dardargnan), sont plus susceptibles de se pointer le jour. Par ailleurs, alors que Eevee (Évoli) ne pouvait évoluer qu’avec des pierres précieuses lors de la première génération, Pokémon Or et Argent lui permettait d’évoluer en Espeon (Mentali) le jour ou en Umbreon (Noctali) la nuit. Dans les deux cas, pour obtenir l’évolution, il faut que le niveau d’amitié (friendship) de son prédécesseur soit haut.

Par ailleurs, la mécanique de l’amitié a été plus exploitée à partir des versions Or et Argent. Pour augmenter le niveau d’amitié de ses Pokémon, plusieurs actions peuvent être effectuées : lorsqu’ils montent de niveau, en leur donnant des items ou des objets de combat, en combattant des champions ou tout simplement en se promenant. Certains, tels que Pichu et Togepi, ne peuvent évoluer qu’à la condition d’avoir un haut niveau d’amitié. Mise à part le cycle jour et nuit et le haut niveau d’amitié, une autre méthode pour faire évoluer les Pokémon a fait son apparition dans la deuxième génération. Entre autre, pour faire évoluer Onix et Scyther (Insécateur), le joueur doit lui donner le Metal Coat (Peau Métal) et l’échanger à un autre joueur avec le câble link. Ces trois nouvelles formes d’évolution ont été introduites dans ces jeux et sont toujours utilisées depuis.

 

L’obsession des Pokémon Shiny

Comme si ce n’était pas assez d’avoir les 251 Pokémon, voilà que les développeurs des versions Or et Argent ont eu l’idée d’y inclure les Pokémon Shiny (chromatique). Ce sont des Pokémon rencontrés au hasard (ou presque) et qui sont entourés par un flash, accompagné par un effet sonore retentissant. Dans la deuxième génération, pour qu’une de ces créatures soit shiny, ses stats individuelles doivent être à un niveau précis. Bien que ça n’affecte pas le gameplay en soit, il n’en reste pas moins que depuis les versions Or et Argent, certains joueurs ont une envie maladive de trouver le plus de Pokémon Shiny à un point tel que de nos jours, ceux-ci nous montrent une photo de leurs exploits sur les réseaux sociaux.

 

 

Préparer le terrain pour les générations futures

À mon avis, sans compter les jeux Pokémon sur la Nintendo Switch et les différents spin-offs, les versions Or et Argent ont donné une chance aux développeurs de sortir de leur zone de confort en essayant plusieurs nouvelles mécaniques. On n’a qu’à penser aux différentes façons de faire évoluer ses Pokémon, la mécanique de l’amitié, la reproduction pour obtenir de nouveaux Pokémon dans des œufs, etc. Ce sont toutes des mécaniques qui ont fait leur retour dans les jeux subséquents.

Par ailleurs, la deuxième génération est la seule qui donnait la possibilité de retourner dans la zone de la génération précédente, Kanto. En tant que joueur, c’est assez fou de penser qu’on a terminé un jeu pour finalement se rendre compte que n’avons fait que la moitié et qu’il nous reste une entière section à redécouvrir. Ça crée à la fois un effet de surprise réussi et de la nostalgie des versions Rouge et Bleu. Ce sont également les seules versions de la série originale à être une suite quasiment directe, puisque l’histoire se déroule trois ans après les événements des jeux précédents. N’empêche que les versions Or et Argent ont pu définir de nouveau les bases des jeux Pokémon.

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