Star Ocean First Departure R: un chef-d’oeuvre poussiéreux

Peut-il être trop tard pour ressortir un vieux jeu? 

J’aime les JRPGs classiques. Bon, je ne doute pas que certains ont joué à des jeux plus obscurs que moi, qu’il y a de plus grands experts en la matière. 

Mais reste que j’ai joué à un bon nombre de titres de l’ère Super Nintendo et PS1, et que c’est un genre de jeux que j’apprécie. 

J’ai donc sauté sur l’occasion d’essayer Star Ocean First Departure R, une réédition du titre sorti sur PSP en 2008, lui-même un remake du premier titre de la franchise Star Ocean, lancé sur Super Famicom en 1996 (ouf!).

Après tout, il s’agit d’un classique qui a lancé une franchise de près de 10 jeux (certains meilleurs que d’autres), dont les joueurs parlent encore avec des étoiles dans les yeux (get it?).

Mais est-ce un classique qui vieillit bien? 

 

Des systèmes ingénieux

Star Ocean a été développé par une bande de développeurs ayant quitté Namco après avoir été déçus par le développement de Tales of Phantasia (qui est, incidemment, le premier titre d’une de mes franchises préférées). 

L’influence se fait sentir instantanément. En fait, on pourrait presque penser que Star Ocean est une suite directe de Tales of Phantasia. 

Ancêtre des Action-RPG, vous contrôlez votre personnage en temps réel, dans un hybride entre un beat em-up et un jeu de rôle japonais. 

Star Ocean First Departure R - Screenshot

Plein de talent

Star Ocean innove toutefois avec une mécanique de talents. Quand vous montez de niveau, vous accumulez des points de talent, que vous pouvez investir à votre guise. 

L’application de ces talents est parfois évidente: certains talents vous permettent d’augmenter vos chances de bloquer des attaques ou d’avoir un coup critique. 

Mais vous pouvez également développer d’autres talents aux applications moins claires; vous pouvez apprendre à dessiner, à siffler ou encore à dresser les animaux. 

D’apparence anodine, ces talents s’avèrent essentiel à la progression. Par exemple, peu de boutiques vendent des armes. Si vous voulez vous équiper d’armes exceptionnelles, il vous faudra apprendre à forger de nouvelles armes, par exemple. 

Star Ocean First Departure R - Screenshot

 

De nombreux personnages jouables

Autre caractéristique intéressante du titre: Star Ocean First Departure R comporte une large galerie de personnages jouables, dont certains sont complètement optionnels (et faciles à manquer). 

Même si le jeu est plutôt court, le fait qu’il y ait de nombreux personnages jouables, dont certains sont plutôt faciles à rater, ajoute un important facteur de rejouabilité. 

 

Le revers de la médaille

 

Une histoire cosmique aux dimensions locales

Star Ocean vient toutefois avec son lot de déceptions. La première vient au niveau du scénario. 

À une époque où tous les JRPGs racontaient l’histoire d’un jeune guerrier qui quitte son village pour tuer Dieu, Star Ocean introduisait une dimension cosmique au procédé. 

Vous suivez les aventures de Roddick, Millie et Dorne, trois habitants de la planète Roak (où les habitants sont pratiquement des humains mais avec des queues de singe), dont la planète est attaquée par un virus qui transforme les habitants en pierre. 

Star Ocean First Departure R - Screenshot

À la recherche d’un remède, ils rencontrent Ilia et Ronyx, des Terriens. On comprend alors que l’histoire se déroule dans un futur où les humains ont colonisé l’espace. 

Normalement, les Terriens évitent de s’immiscer dans les affaires des civilisations dites « sous-développées », mais ils décident de faire exception cette fois-ci parce que l’épidémie semble avoir été propagée par une tierce partie mal intentionnée. 

Pour trouver un remède à l’épidémie, nos aventuriers doivent retourner sur Roak 300 ans dans le passé afin de confronter le démon Asmodeus, qui serait le patient zéro de l’épidémie. 

Je vous évite les spoilers, mais je dois avouer que j’ai été déçu que Star Ocean n’assume pas sa prémisse. 

Star Ocean First Departure R - Screenshot

C’était intéressant de voir Star Ocean s’affranchir des clichés fantasy, renversant les attentes en introduisant une dimension de science-fiction. 

Mais au final, 98% de l’aventure se passe sur Roak (dans le passé, en plus), dans le plus pur environnement fantasy. Les aventures interstellaires allaient venir plus tard, mais pour cette première aventure, il semble que les développeurs aient eu peur de leur propre ambition. 

 

Progresser dans le noir

L’autre défaut majeur de Star Ocean vient directement de son âge. Dans les années 90, les gens achetaient moins de jeux, alors ils prenaient vraiment le temps d’apprendre à les connaître de fond en comble. 

C’était alors normal de rendre certaines mécaniques plus obscures; les joueurs allaient s’acharner jusqu’à ce qu’ils comprennent (ou au pire, ils achèteraient le guide stratégique). 

En 2019, par contre, c’est plus agaçant quand un jeu ne nous explique pas ses mécaniques. Le système de talent dont je vous vantais les mérites plus haut, j’ai fini par le comprendre parce que j’ai décidé d’aller fouiller dans les menus. Jamais le jeu ne m’a encouragé à explorer ce système. Et il a encore moins tenté de m’en expliquer les rouages. 

Star Ocean First Departure R - Screenshot

Pareil pour les personnages recrutables. À moins de jouer en gardant Gamefaqs ouvert, je doute très fort que quiconque ne réussisse à recruter toute la bande du premier coup. 

Je pourrais continuer comme ça longtemps: on ne nous indique pas où aller pour la suite de nos quêtes; il n’y a pas de système de téléportation entre les villes visitées, les cinématiques affichent une résolution et un taux d’images/seconde complètement risible.

Ce sont tous des vices qui étaient acceptables, voire banals en 1996. 

Mais nous sommes en 2019. À un prix de 28$, beaucoup de jeux offrent des mécaniques plus raffinées et des histoires plus intéressantes (au moment d’écrire ces lignes, vous pouvez vous procurer l’édition complète de The Witcher 3 pour moins de 16$!)

Il devient difficile, sauf pour les fans les plus fidèles de Star Ocean, de recommander l’achat de cette nouvelle réédition d’un jeu de Super Famicom. 

 

 

Un classique qui aurait aussi bien pu rester dans le passé
6,5
Un classique qui aurait aussi bien pu rester dans le passé

Les plus
  • Des systèmes ingénieux
  • Un titre ambitieux pour l'époque
Les moins
  • Un design vieillot
  • Cher pour une durée de vie courte
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La première vidéo de Pier-Luc, c'est lui, à l'âge de 3 ans, qui joue à Duck Hunt avec le gros fusil orange. Il les a pwn 360 NO SCOPE. Depuis, il passe beaucoup (trop) de temps à jouer à des jeux, que ce soit sur Android, 3DS, Wii U (oui, il est l'une des six personnes à avoir acheté une Wii U) ou PS4. Il ne joue pas beaucoup à l'ordinateur, sauf pour les fois où il télécharge des émulateurs pour jouer à de vieux classiques (des jeux qu'il possède, bien sûr). Quand il ne joue pas, il écoute la WWE, il lit ou bien il tente de faire avancer sa carrière en humour. Mais soyons honnêtes, il passe surtout son temps à jouer.
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