Carte Noire : le Grandeur Nature à la québecoise!

À mi-chemin entre les grandes découvertes et le frisson, le projet Carte Noire propose des campagnes de jeu Grandeur Nature Made In Québec. Intriguée par cet univers, j’ai voulu en savoir plus en rencontrant deux des membres fondateurs du projet, Stéphanie Laurin et Julien Belley : 

 

Comment le projet Carte Noire a vu le jour?  

Stéphanie : A la base, j’ai parti le projet avec mon conjoint Alexandre qui avait déjà eu de l’expérience dans le Grandeur Nature en tant que co-organisateur. On avait envie d’un GN (Grandeur Nature) qui avait des règles très simples, sans système lourd, et surtout immersif, où le jeu théâtral est mis en avant. 

Julien : On sait qu’on a des joueurs en amour avec le lore etc, mais nous on voulait connecter davantage avec leurs émotions. De mon côté ça a été de soi, j’aime beaucoup travailler sur ce genre de projets, et on a une belle synergie! Avoir quelque chose de nouveau, ça m’a interpellé, et c’est comme ça que ça a démarré !

Stéphanie : Au niveau des thèmes, on voulait aller vers le côté renaissance et l’aspect découverte, et tourner autour du concept de roses des vents, donc quatre peuples différents avec chacun leurs spécificités et leur histoire. 

En haut : Stéphanie Laurin, Julien Belley
En bas : Alexandre Miller, Alexane Lessard

 

Comment ca se passe lorsque de nouveaux joueurs.euses arrivent dans l’aventure ? Est-ce que cela nécessite des connaissances dans le grandeur nature, ou est-ce accessible aux néophytes? 

Julien : On a plusieurs outils, en fait. On a par exemple un livre de géopolitique pour apporter le contexte, avec beaucoup de détails sur les différents peuples, les zones géographiques, les principaux enjeux etc.. donc c’est une phase d’intro qui est nécessaire ! En revanche comme on a dit, les règlements sont très simples, et si tu n’es pas forcément familier.e, c’est aussi possible de venir avec un costume qui te plait, de découvrir l’univers, et ensuite de s’immerger !

Stéphanie : On a voulu que l’animation et le storytelling soient de l’avant. Le/la joueur.euse va réagir à ce qu’il se passe pour créer des situations et l’équipe d’animation est là pour ajouter du piment et leur mettre des bâtons dans les roues (rires). On a une grosse équipe d’animation qui est là pour prendre les joueurs.euses par la main!

 

Vous commencez à avoir une belle communauté! Combien de participant.e.s avez-vous en moyenne sur vos campagnes ?

Julien : Sur les événements en tant que tel, on est à peu près à 80 par campagne, mais ce ne sont pas toujours les mêmes joueurs.euses. Donc on a environ 150 membres actifs. Et 700 membres sur le groupe Facebook!

Stéphanie : On offre trois campagnes par année en moyenne,  et ce qui nous rend différent, c’est que l’on choisit une formule réduite qui va se dérouler sur une fin de semaine avec une petite coupure le vendredi soir (contrairement aux grandeurs natures classique qui se déroulent souvent en continu). On voulait faire de la conciliation avec les gens qui travaillent, qui ont des enfants etc... Les membres apprécient cette adaptation car cela permet à tout le monde de participer!

 

Un aperçu de la carte des campagnes Carte Noire

 

Pour l’instant, le projet est plutôt local, bien qu’il prenne de l’ampleur! Quels sont vos projets pour la suite? 

Julien : Au niveau des événements en tant que tel, on apprécie le petit format. Au dessus de 80 joueurs ça devient beaucoup. On aime l’intensité qu’on peut amener sur un terrain auprès des mêmes joueurs.euses. Au niveau de l’équipe aussi, on a pas nécessairement envie de l’agrandir, car on a pas envie que la logistique vienne perturber l’immersion. En revanche, on a des envies de grandeur en ce qui concerne l’univers : on veut le diversifier, et on travaille la dessus...On a quelques projets qui s’en viennent!

 

Comment vous organisez-vous pour mettre en place votre trame narrative et votre univers ? 

Stéphanie : En ce moment, le noyau est composé de quatre personnes. Evidemment, on écoute les suggestions de la communauté, mais la scénarisation, l’écriture, la mise en place se fait par ce petit groupe!

Julien : au niveau de la création en tant que telle, on était parti.e.s sur l’idée d’une île avec quatre peuples, et l’exploration d’un continent. A partir de là, on a enrichi avec plein d’éléments, comme les peuples, la construction de la politique, les interactions etc…

Stéphanie : On a aussi basé une partie de notre histoire sur le mystère! On a certaines créatures dans nos scénarios dont les joueurs.euses ne sont pas au courant par exemple. Parfois, on ne leur dit pas toutes les informations pour créer une ambiance, et on en dévoile de plus en plus sur l’univers à chaque événement.

 

Bien que la base du jeu de rôle soit scénarisé, comment gérez-vous l’imprévu, et y’a t’il de la place à la spontanéité ? 

Julien : En fait notre base est scriptée, mais les joueurs réagissent en fonction de la situation. En fait, il y a une grande partie laissée à l’improvisation, il s’agit en fait de bien communiquer avec les équipes pour pouvoir s’adapter! 

Stéphanie : Oui! On a une grille horaire d’animation, donc on s’adapte en temps réel aux événements sur le terrain. On est sur quelque chose de très immersif aussi, on utilise de la musique, des sons, de la fumée, des attaques nocturnes de monstres (rires), on a tendance à voir ça comme un film, on apporte beaucoup de soins aux visuels et aux sens, c’est ça aussi qui crée une expérience riche! 

En cette période délicate, la situation vous impacte sûrement. Comment avez-vous l’intention de faire vivre le projet en cette période de confinement ? 

Julien : On croise les doigts pour pouvoir recommencer les événements physiques au plus vite! On voulait pas décevoir les joueurs, alors on s’est retroussés les manches et on a revu notre concept pour pouvoir le faire de manière virtuelle, ce qui nous a permis de voir comment on était capables de remanier notre univers : on s’inspire aussi du principe du Escape Room par exemple, tout en rassemblant la communauté. Donc on a pu conserver nos dates pour les événements! Evidemment on a des challenges, pour la navigation et l’animation par exemple. Mais ce sont des considérations que l’on continue d’avoir. Je pense que l’on est un des seuls GN au Québec qui s’est adapté à ce format virtuel aussi rapidement!

Stéphanie : Aussi, on a une communauté très soudée et engagée! On fait des partys de fin d’année avec les membres par exemple. Souvent dans le GN, il arrive que les gens soient divisés en fonction de leurs factions, etc… Dans Carte Noire, il est possible de jouer des personnages de différents backgrounds en fonction des campagnes et des événements, ce qui crée des rapports très amicaux entre tous les membres! On voit ça comme le théâtre où on peut jouer un personnage puis changer, et on a vu beaucoup de joueurs.euses faire preuve de beaucoup de créativité à ce niveau là!

 

La prochaine campagne Carte Noire, c’est le 22 et 23 Mai! Pour en savoir plus sur le projet ou participer, rendez-vous sur leur groupe Facebook

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Passionnée de jeux vidéo depuis pratiquement toujours, elle a même décidé d'y consacrer ses études en maîtrise à l'UQAM. Intéressée davantage par la scène Indie, l'E-sport et la présence féminine dans les jeux vidéo, elle est également ouverte à tout ce qui concerne la scène vidéoludique !
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